Noël (1464)

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Noël (1464)

Message  Pie de Valence le Sam 24 Déc - 16:05

Tandis que les premiers fidèles arrivaient pour la messe, les cloches de l'église sonnaient à toute volée afin d'assurer leur accueil et prévenir les retardataires.

Richement vêtu, peut-être encore plus que pour une cérémonie ordinaire parce qu'il voulait faire honneur aux prophètes et que le peuple n'attendait pas que se présente à lui un archevêque habillé comme un pouilleux, Pie entra dans le chœur par la porte latérale réservée aux membres du clergé, accompagné des musiciens et des chantres.

Devant l'autel, se tournant vers l'Orient, il se génuflexa et se signa un bref instant au nom de Dieu, d'Aristote et de Christos, avant de se retourner vers l'assemblée et, quand les cloches se furent tues, afin de permettre aux derniers arrivants de d'installer, les chantres entonnèrent un hymne de circonstance à la gloire de celui qui avait donné son nom à cette veillée et qu'on surnommait aussi le Père Noël.


Alors, il prit la parole

Bienvenus à tous et toutes et tout d'abord merci d'avoir fait ce déplacement pour entendre la messe de Noël. J'ai choisi comme thèmes de cette messe ceux de la rédemption et de la renaissance qui me semblent être particulièrement adaptés à saint Noël et à nos deux prophètes dont on célèbre aussi la naissance.

Mais avant, récitons d'abord cette si belle prière du Pardon qu'a écrit autrefois Son Eminence Bender.B.Rodriguez et qui me parait tellement convenir à des jours spéciaux comme celui-ci.

Bender.B.Rodriguez a écrit:

Prière de confession.

Pour la fleur écrasée, le caillou balancé…
Pour l’enfant apeurée par les cris des adultes,
Le vélin déchiré par animosité,
Ou pour la main blasée pour le denier du culte,
Pour le fruit défendu  cueilli et chapardé,
Pour le prêt non rendu, et le fiel envoyé,
J’en demande pardon.

Pour le Dogme bafoué en toute inconscience,
Pour l’impôt non donné au Duché sans patience,
Pour le noir coup de fouet que la mule renâcle,
Pour avoir pardonné Justice que l’on bâcle
Pour la flèche fichée au cœur de l’innocence,
Pour le vice niché dans un nid de jouvence,
J’espère rédemption.

Pour le vieil impotent, ignoré bien souvent,
Pour les cris entendus emportés par le vent,
L’acédie récurrente,  le grimoire laissé,
Pour les malfrats pendus et leurs vies taciturnes,
Ceux que l’épée pourfend dans les chemins nocturnes,
Et pour la plaie béante  portée au trépassé,
Donnez-moi rémission.

Pour les mots effrayants et la Loi repoussée,
Pour l’armée décimée, le voyageur tué,
Les dépits dissonants, les injures en taverne,
L’isolée dans sa ville, ou l’ascète en caverne,
Pour le maire mal aimé ou le pigeon blessé,
Le pouvoir qui rend vil  souvent perpétué,
Je fais ma contrition.

Pour le couple lassé, pour l’amour mal traité,
Pour le champ non semé, pour l’office manqué…
Pour l’ami repoussé, ou l’érudit planqué,
Pour l’échoppe cramée par peine ou par fierté,
Moqueries ou mensonges, ou manipulations,
Par stratégies qui rongent ou bien par évictions,
J’en demande la grâce.

La prière dite, l'archevêque reprit la parole

Nul ne l'ignore. Saint Nicolas Noël était frappé par un mal étrange

Noël faillit ne pas dépasser l’âge de la puberté tellement il avait souffert à sa naissance, et il a même été en état de mort plusieurs fois. Par contre à chaque retour à la vie, contrairement au commun des mortels, il revenait plus en forme que jamais.
Pourtant, chaque année au solstice d’hiver, il semblait mourir pendant cinq jours et cinq nuits, mais bien que son corps soit veillé, certains prétendaient l’avoir vu à différents endroits, offrant du pain aux plus pauvres, du feu à ceux qui n’en avaient pas, et même un simple jouet aux enfants tristes.

C'est comme si la vie de Nicolas Noël n'avait été qu'une suite de cycles alternant en permanence la vie et la mort et comme si, à chaque fois, il rejouait sa naissance en une sorte de nouveau baptême rédempteur. C'est d'ailleurs ce que lui-même expliquait quand on l'interrogeait: ses problèmes de santé, disait-il, c'était comme une sorte de régénération morale qui s’accomplit par un acte de sacrifice, par l’expiation de ses fautes afin de ressusciter avec des éléments nouveaux pour envisager sa vie autrement, mieux la juger et s'améliorer dans le chemin de la Vertu. Ecoutons-le

Je parlerais d’un cadeau de Dieu plus que d’un problème, car à chaque fois que je frôle la mort j’en apprends de Christos et Aristote, car notre Créateur nous donne toutes les réponses à toutes les questions pour que nous puissions voir notre vie sous des jours nouveaux et que nous puissions nous juger nous-mêmes avant d’être jugés.
En principe en revenant à la vie, nous laissons ces connaissances et un peu de notre force, mais Dieu en a fait autrement pour moi je pense et bien que je ne garde qu’une réponse, sans choisir laquelle, je ne perds pas tout de ma visite chez les Saints.

Ce n'est donc pas un hasard si, à chaque agonie, on voyait son double à différents endroits, offrant du pain aux plus pauvres, du feu à ceux qui n’en avaient pas, et même un simple jouet aux enfants tristes. Cela témoignait de sa réelle volonté de s'améliorer pour gagner le Paradis solaire.

Et si, ce soir, il y en a parmi vous qui sont dans le péché, j'aimerais leur dire ceci:


Vous aussi, vous pouvez suivre la même voie: apprenez à faire le bien, recherchez la justice, protégez l'opprimé; faites droit à l'orphelin, défendez la veuve. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; s'ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine. Si, comme Nicolas Noël, vous avez de la bonne volonté et si vous accomplissez tout cela, alors, en vérité, je vous le dis, vous mangerez les meilleures productions du pays parce que Dieu vous aura favorisé de Sa Grâce et vous n'aurez besoin ni de la force, ni du glaive, ni de rivières de sang pour avoir tout cela.

Et, puisque ce soir est aussi le soir du Pardon, qu'ils approchent et je leur donnerai l'absolution pour autant que les péchés à absoudre ne relèvent pas d'un crime de sang s'ils s'engagent ensuite, par leurs actes, à racheter les fautes passées. Car, qu'ils en soient conscients, le Très-Haut ne leur accordera réellement et pleinement Sa Grâce qu'à l'aune de leur sincérité.

D'autre part, en ce soir de Noël, et en conclusion, j'invite tous les aristotéliciens du monde entier à communier ensemble en Notre Créateur afin, eux aussi, de venir renaître, de ressusciter en Notre Sauveur, le Très-Haut, sous les ailes d'une Eglise à nouveau rassemblée, unie, forte et parlant d'une seule voix aux fidèles.
C'est pourquoi, ce soir, comme cadeau de Noël, j'offre à chacun et chacune d'entre vous, un bouquet de lys, ces fleurs symboles de renaissance et de résurrection. Puissent-elles aussi être des symboles de paix !




Joyeux Noël à tous et toutes !

Messe écrite et dite par Son Eminence Pie II de Valence, à Bourg, en Savoie, le 24 décembre 1464.

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