Essai sur la simplicité

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Essai sur la simplicité

Message  Pie de Valence le Lun 4 Mar - 21:37



ESSAI SUR LA SIMPLICITE

Chapitre 1: Où l'on apprend que la simplicité est une vertu

La simplicité peut se définir comme le caractère de ce qui est sans faste, sans recherche, sans affectation mais aussi comme la qualité d'une personne qui fuit la recherche, l'ostentation.
Christos la recommanda comme éthique de vie pour les prêtres et les moines, ainsi qu'en témoigne cet extrait du chapitre VIII de sa Vie


Préférez la simplicité et l'instruction aux riches ornements et aux beaux atours. Car notre tâche nécessitera de sacrifier le bien personnel au bien collectif, mais en échange vous serrez sacrés parmi les enfants de Dieu.

Mieux, en l'érigeant en éthique, c'est-à-dire en règle de vie, il contribua à en faire une vertu capable d'élever son âme jusqu'à Dieu et de l'éloigner de la Créature Sans Nom.

Chapitre 2: Où l'on apprend qu'elle est une philosophie

Cantonnée d'abord aux ornements, la simplicité fut appliquée par le Bienheureux Sénèque au raisonnement et à la pensée. C'est ainsi que naquit la philosophie constativo-constative, comme nous le conte l'extrait de la vie du philosophe

Sénèque devait tirer lui-même quelques découvertes qui le rendirent célèbres; c'est ainsi que, le premier, se fondant sur observation et raison, il énonça le fameux principe de Sénèque:
" Tout corps plongé dans l'eau en ressort mouillé".
Du reste, grâce, à lui, par l'usage de la raison, l'on en vint à découvrir d'autres principes tout aussi merveilleux, comme celle de son disciple Tarzan qui énonça, stoïque et fataliste, par le simple usage de sa raison, le fait suivant: " Quiconque ne sait pas nager est destiné à couler" !
C'est donc à juste titre que l'on fait de Sénèque le père de la philosophie constativo-constative.

Fondée uniquement sur l'observation et le raisonnement, cette simplicité permit d'arriver à des vérités primaires et premières. On peut certes la juger naïve parfois, mais elle eut une profonde influence sur le peuple pour lequel elle fut à l'origine de proverbes et d'adages divers qui constituent le vieux fonds du bon sens populaire bien souvent en adéquation avec la pensée divine.

Chapitre 3: Où l'on apprend qu'il ne faut pas multiplier les causes sans nécessité

Cette vertu de la simplicité appliquée à la pensée marqua profondément l'apôtre Nikolos. La fameuse controverse qui l'opposa à Escartus en démontre tout l'intérêt face aux spéculations sans fins de celui-ci, comme il l'expliqua plus tard à son disciple, Sénèque de Tarse (à ne pas confondre avec le philosophe), ainsi qu'il est rapporté par cet extrait de son hagiographie

Un jour, aux abords du lac de Tibériade, alors que celui-ci était calme et mes pensées couleur du soir, je revins sur cet épisode de sa vie pour lui demander si sa pensée n’avait pas varié.
« En vérité, me dit-il, les gens comme Escartus commettent le péché d’orgueil de trop raisonner et de se laisser emporter par la spéculation sur la réalité des choses : ils en viennent à nier les évidences qu’ils ont sous les yeux pour mieux appuyer leurs théories.
Vois-tu, Sénèque, toutes les choses qui nous entourent ont été créées par Dieu, par une pensée, née d’un être : c’est là la seule réalité possible. C’est parce que Dieu est qu’il a pensé. Si tu affirmes l’inverse, tu en viens à dire que la pensée est créatrice de tout, même de Dieu ; mais pour cela, il faudrait qu’il existe une force encore supérieure à Dieu et qui ne serait pas un être, mais une pensée immatérielle. Or, tu le sais, c’est impossible car personne n’est plus grand que Dieu. »

Spéculer sans fin ("trop raisonner" nous dit Nikolos), ne revient qu'à aboutir à des excès, c'est-à-dire à se "laisser emporter par la spéculation sur la réalité des choses" donc à multiplier les causes sans fin, au risque de se précipiter dans l'erreur par la complexité du raisonnement.

Conclusion

Préférer la simplicité du raisonnement à la multiplication sans raison des spéculations est donc aussi une vertu dans le domaine de l'intellect car c'est un moyen d'éviter de se laisser entraîner par orgueil dans les bras de la Créature Sans Nom.
C'est pourquoi on devrait toujours l'avoir à l'esprit aussi bien pour nos vies personnelles que pour nos raisonnements, nos actions, nos travaux d'écriture que pour nos interventions dans le monde.

Et, sans doute, pour prolonger la réflexion de Nikolos, pourrait-on même considérer que face à un problème complexe, il faut le diviser en autant de cas simples qui permettent de le résoudre sans avoir à spéculer outre mesure afin de garder à l'esprit cette maxime populaire: "Ce qui se conçoit aisément s'énonce clairement" .

Ecrit en mars 1461 par Monseigneur Pie II de Valence, évêque de Langres

Pie de Valence
Admin

Messages : 117
Date d'inscription : 24/11/2012

Voir le profil de l'utilisateur http://abbayesaintmartin.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum