Dieu est tous les possibles (essai)

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Dieu est tous les possibles (essai)

Message  Pie de Valence le Lun 24 Fév - 16:35

DIEU EST TOUS LES POSSIBLES

Il y a quelques temps, un clerc est venu nous expliquer qu'il était hérétique d'affirmer que le Livre des Vertus puisse être multiple et que c'était pencher du côté des Réformés que d'affirmer l'idée que Dieu puisse être tous les possibles.

A vrai dire, on ne peut que s'étonner de telles propos, puisque, dès la première page du Livre des Vertus, nous pouvons lire la chose suivante

Mais Dieu est supérieur à tout, y compris au Néant. Il n’a pas de commencement ni de fin. Il est donc l’Infini et l’Eternel. Il est l’Être Parfait, sur qui rien n’a de prise, rien ne peut agir, rien ne peut interférer. Il Lui suffit d’une simple pensée pour que quelque chose passe du Néant à l’Existence et d’une autre simple pensée pour que cela retourne de l’Existence au Néant. Tout Lui est donc possible et tout Lui doit donc son existence.

et, un peu plus loin, nous retrouvons, exprimée sous une autre forme, la même idée

Il peut agir partout car, étant partout et sachant tout, rien ne peut entraver Son action.

On ne saurait mieux dire, qu'effectivement, conformément au dogme, et contrairement à ce qu'affirmait ce clerc romain, Dieu est effectivement tous les possibles puisque le Livre des Vertus lui-même le dit !

Les analyses et les conclusions qu'en ont tiré les saints hommes d'Eglise, du reste, ne disent pas autre chose, à l'exemple de l'apôtre Nikolos

Ton devoir est d'abord de les convertir par l'exemple et la parole, car ce sont d'abord des créatures de Dieu qui sont égarées ou que personne n'a aidé à trouver le chemin de la Vérité.
Mais, tu ne peux pas te substituer à la justice divine; c'est là commettre pêché d’orgueil que de se substituer à cette justice, car nul ne sait l’immensité de l’amour de Dieu pour ses créatures ni l’immensité de son Pardon.
Quand il fut besoin de juger les hommes d’Oanylone et de détruire la ville, Dieu ne fit appel à aucune justice humaine mais exerça sa propre justice, laquelle n’est contingente à aucune loi humaine et ne saurait se réduire en codes et lois sous peine de vouloir nier, borner ou restreindre l’infinie liberté et bonté divine.

Il semble bien évident, pour l'apôtre, que Dieu étant tous les possibles, rien ne puisse limiter son autorité.  Or, à quoi servirait un Livre des Vertus dont l'interprétation ne pourrait être qu'unique et qui, par le fait même, contraindrait Dieu à ne plus pouvoir agir en toute liberté ?

C'est pourtant de plus en plus la tendance qui se dessine à Rome, sous l'influence des théologiens les plus conservateurs, qui ont entraîné avec eux une majorité de prélats romains apeurés face aux nouveautés de ce siècle, et qui ont peur de reconnaître la plasticité du dogme, la volonté de Dieu d'y donner des clés pour toutes les époques, d'y laisser s'exprimer tous les possibles qu'offre sa Parole écrite afin de l'adapter aux époques et aux événements. Ce faisant, ils en viennent à nier l'affirmation principale et première du Livre des Vertus,

Dieu est tous les possibles !

Mais, allez-vous me dire, n'est-ce pas minimiser le poids du Livre des Vertus que de penser ainsi ?

Qu'on y songe bien :

- Dieu dit lui-même, à travers le Livre des Vertus, être tous les possibles. Est-ce le minimiser que de le dire et de chercher ces possibles au sein du Livre des Vertus ?
- N'est-ce pas plutôt la volonté de Dieu que nous cherchions, au sein du Livre des Vertus, la ou les réponses les plus adaptées à notre époque, en suivant les possibles qu'il y a indiqués ?

Aussi, loin de minimiser le Livre des Vertus, ma démarche, au contraire, le renforce car il montre la grande sagesse de Dieu qui a su donner, à travers le Livre des Vertus, une liste des possibles pour atteindre la Vertu.

Donc, ne croyez pas les clercs qui vous affirment que Dieu est désormais esclave de sa création, car, en vérité, c'est bien ce qu'ils affirment lorsqu'ils affirment que Dieu ne peut pas être tous les possibles et qu'il ne peut y avoir qu'une interprétation unique, fermée, définitive du dogme quand, Dieu, au contraire, a voulu y préserver son absolue liberté en nous donnant toutes les possibles disponibles dans son Livre des Vertus.

Aujourd'hui, les vrais aristotéliciens ne sont plus parmi ces intégristes d'une interprétation étriquée, fermée, bornée, du dogme, mais dans une Eglise Aristotélicienne pour laquelle l'humanisme n'est pas un gros mot; la place de l'homme au centre du système, une priorité principale de la foi; le dogme, l'instrument qui y placera l'Homme.

Essai rédigé en janvier 1462 par Monseigneur Pie II de Valence

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