Messe Noël 1462

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Messe Noël 1462

Message  Pie de Valence le Sam 20 Déc - 17:24

Messe pour la fête de Noël
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La messe qui précédait la fête de Noël était toujours un moment particulier dans la vie de l'Eglise, car elle marquait aussi la veille du jour où naquirent Aristote, Christos et Saint Nicolas Noël.
Aussi était-ce toujours avec une grande attention que l'évêque de Langres s'y préparait et qu'il faisait dresser, avant toute chose, une crèche qui pouvait tout aussi bien rappeler aux fidèles la naissance d'Aristote, lorsque reposant l’enfant près de sa mère, son père s’agenouilla près du lit et resta un long temps immobile, contemplant silencieusement sa femme et son fils, que celle de Christos, né dans une bicoque délabrée, à Bethléem, en Judée, entouré de ses parents, choyé de cadeaux par ses voisins et célébrer les vertus, aussi bien humaines que spirituelles, de l'union autour du foyer, du mariage et de la famille.
Il pensait, lui, l'apôtre de la Réconciliation entre les divers parties de l'Eglise déchirée, qu'il n'y avait pas plus beau symbole de paix, de concorde et d'appel à la fraternité, ni plus beau présage de renaissance ou de résurrection.
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Puis, quand ce fut fait, que les acolytes furent en place, que les cierges furent allumés sur leurs candélabres et au grand luminaire,
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que l'autel fut dressé et les portes du triptyque ouvertes, il ordonna de faire sonner les cloches de la cathédrale afin d'appeler les fidèles à se rassembler autour de leur Créateur.
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Richement vêtu, peut-être encore plus pour cette cérémonie que pour une autre parce qu'il voulait faire honneur aux prophètes et que le peuple n'attendait pas que se présente à lui un évêque habillé comme un pouilleux, il entra dans le chœur par la porte latérale réservée aux membres du clergé, accompagné des musiciens et des chantres de l'abbaye Saint-Martin.
Quand ils furent installés, que les cloches se furent tues, ils entonnèrent un hymne de circonstance à la gloire de celui qui avait donné son nom à cette veillée et qu'on surnommait aussi le Père Noël pendant que chacun prenait place.
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Devant l'autel, l'évêque se génuflexa et se signa au nom de Dieu, d'Aristote et de Christos, et, le chant terminé, se tournant vers l'Orient, il entama la récitation de la Prière du Pardon qu'avait écrit autrefois Bender, un ancien évêque bourguignon pour orner le Missel aristotélicien


Bender.B.Rodriguez a écrit:

Prière de confession.

Pour la fleur écrasée, le caillou balancé…
Pour l’enfant apeurée par les cris des adultes,
Le vélin déchiré par animosité,
Ou pour la main blasée pour le denier du culte,
Pour le fruit défendu cueilli et chapardé,
Pour le prêt non rendu, et le fiel envoyé,
J’en demande pardon.

Pour le Dogme bafoué en toute inconscience,
Pour l’impôt non donné au Duché sans patience,
Pour le noir coup de fouet que la mule renâcle,
Pour avoir pardonné Justice que l’on bâcle
Pour la flèche fichée au cœur de l’innocence,
Pour le vice niché dans un nid de jouvence,
J’espère rédemption.

Pour le vieil impotent, ignoré bien souvent,
Pour les cris entendus emportés par le vent,
L’acédie récurrente, le grimoire laissé,
Pour les malfrats pendus et leurs vies taciturnes,
Ceux que l’épée pourfend dans les chemins nocturnes,
Et pour la plaie béante portée au trépassé,
Donnez-moi rémission.

Pour les mots effrayants et la Loi repoussée,
Pour l’armée décimée, le voyageur tué,
Les dépits dissonants, les injures en taverne,
L’isolée dans sa ville, ou l’ascète en caverne,
Pour le maire mal aimé ou le pigeon blessé,
Le pouvoir qui rend vil souvent perpétué,
Je fais ma contrition.

Pour le couple lassé, pour l’amour mal traité,
Pour le champ non semé, pour l’office manqué…
Pour l’ami repoussé, ou l’érudit planqué,
Pour l’échoppe cramée par peine ou par fierté,
Moqueries ou mensonges, ou manipulations,
Par stratégies qui rongent ou bien par évictions,
J’en demande la grâce.

Tandis que les acolytes passaient dans les rangs, purifiant l'air de leurs encensoirs, il annonça le thème de la messe du jour

La messe d'aujourd'hui portera sur le thème de la renaissance et de la résurrection, à travers les figures d'Aristote, de Christos, de Nicolas Noël et de Bynarr, saint patron de la Bourgogne.

Il précisa, dans la foulée

Certaines et certains s'étonneront, peut-être, d'entendre parler de renaissance et de résurrection en cette fête de Noël et, peut-être aussi, d'y voir associés quatre grands noms de l'Eglise: nos deux prophètes et deux saints.
Pourtant, rien n'est plus au cœur de leur action, de leur foi et de leur message que cette double idée, comme l'illustre la vie-même de Nicolas Noël, cet homme souffrant, agonisant, si proche de la mort et pourtant tant de fois ressuscité, comme nous le dit son hagiographie


Noël faillit ne pas dépasser l’âge de la puberté tellement il avait souffert à sa naissance, et il a même été en état de mort plusieurs fois. Par contre à chaque retour à la vie, contrairement au commun des mortels, il revenait plus en forme que jamais.
Pourtant, chaque année au solstice d’hiver, il semblait mourir pendant cinq jours et cinq nuits, mais bien que son corps soit veillé, certains prétendaient l’avoir vu à différents endroits, offrant du pain aux plus pauvres, du feu à ceux qui n’en avaient pas, et même un simple jouet aux enfants tristes.

L'évêque fit alors une courte pause, le temps de laisser à tous d'assimiler ses paroles.

Oui, rien n'est plus au cœur de la Foi et du message aristotéliciens et, chaque fois, chez ceux qui en furent les porteurs, cela s'est d'abord manifesté par des événements exceptionnels:
- une comète inconnue dans le firmament lors de la naissance d'Aristote,
- le cavalier qui vint en songe avertir Maria qu'elle allait enfanter un guide, un messie habité par Dieu; qu'il porterait la parole de Dieu partout ou il lui serait donné d’aller et sauverait le peuple de ses péchés en lui enseignant la sagesse d’Aristote,
- l'hiver exceptionnellement rude qui faillit emporter Nicolas Noël peu de temps après sa naissance,
- l'intelligence de l'esprit dont fut doté Bynarr quoique ses parents fussent de pauvres forgerons et que lui-même fût de force physique banale.


La messe était bien lancée à présent, l'évêque n'avait plus qu'à développer son propos à travers l'exemple des personnages qu'il avait choisis pour les illustrer.

Aristote, tout d'abord, reçut du Très-Haut l'insigne honneur de faire renaître la Foi parmi des peuples qui, depuis si longtemps, s'étaient abandonnés au paganisme après leur dispersion suite à la chute d'Oanylone. La comète qui traversa le Ciel quand il naquit eut, en écho, l'éclair qui frappa et détruisit le Temple d'Apollon à Stagire; un éclair qui sembla marquer comme une rupture fondamentale, une résurrection de notre religion à travers l'adresse que lui fit Dieu

Cherche le Dieu unique, cherche la Vérité et la Beauté, car un jour viendra celui qui restaurera tout.

Oui, la comète et l'éclair, signes du Ciel fécondant l'esprit d'Aristote de la semence divine, avaient placés la renaissance et la résurrection comme qualités intrinsèques de l'aristotélisme, montrant par là que Lui seul était Vrai, Eternel et que personne ne pourrait jamais l'abattre quoiqu'il arrivât dans les siècles et les siècles.

Pourtant, ce message de résurrection et de renaissance n'eût pas porté ses fruits si Dieu ne l'avait réservé qu' à l'Eglise comme institution et n'en n'avait pas étendu le bénéfice et le principe à aux hommes et aux femmes qui peuplent cette Terre.
C'est tout le sens du message de Christos face au centurion venu l'arrêter et qui, au rebours, demanda à se convertir.


" Maître, supplia-t-il, à la plus grande surprise du Tribun, je voudrais vous suivre et faire partie de cette communauté de fidèles. Comment dois-je faire ? Je sais que je suis pécheur et que j’ai servi un mauvais maître, mais je t’en prie dis-moi comment me faire pardonner ! "
Alors Christos le releva et sous le regard médusé des Romains, il prononça ces mots :
" Pêcheur, je te le dis, tu viens de faire la première chose que les fidèles devront faire ; se montrer humble et confesser leurs pêchés. Ainsi, si ton repentir est sincère, Dieu te pardonnera. " (...)
Alors, Christos s’approcha de la fontaine, et dit encore au Centurion :
" Par la grâce de l’éternel, je vais te laver de tes péchés, te ceignant d’eau, source de vie. "
Et Christos plongea ses mains jointes sous le jet de la fontaine. Il aspergea la figure du Centurion de cette eau en chuchotant ces paroles :
" Seigneur, daigne laver cet homme de ses péchés, et lui donner ainsi une nouvelle naissance parmi les croyants ! Au nom du Très Haut. Amen "

L'évêque répéta la dernière phrase, celle qui contenait l'essence-même de l'idée de renaissance, de résurrection:


Daigne laver cet homme de ses péchés et lui donner ainsi une nouvelle naissance parmi les croyants !
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Cette phrase, vous l'avez sûrement, vous aussi, entendue prononcer le jour où vous fûtes baptisé.
Ressusciter, renaître, telle est l'essence-même du baptême, tel que l'a voulu Notre Créateur.
A travers lui, nous "rejouons" le scénario de notre venue au monde depuis le Néant, nous recommençons, nous "naissons de nouveau" en nous ouvrant à la Foi pour renoncer à la Créature Sans Nom et à ses œuvres.
Encore une fois, nous constatons combien la double idée de renaissance et de résurrection est au cœur de l’œuvre divine et il ne faut pas nous en étonner car c'est aussi le sens du sacrifice de Christos sur la croix, comme nous l'explique l'auteur du Statut de Christos


Lui, aimant jusqu'a la fin, Homme parfait pur de tout péché accepta ce sort avec humilité, afin de réparer par son sacrifice volontaire les péchés de tous les hommes passés, présents et futurs et pour établir à jamais l'amitié entre les hommes et avec Dieu.

Accepter de se sacrifier volontairement pour réparer les péchés de tous les hommes passés, présents et futurs, c'était permettre à tous ces gens de pouvoir renaître, de pouvoir ressusciter en Dieu: par le baptême d'abord, parce qu'il n'y aurait pas de baptême donnant une nouvelle naissance si Christos n'avait accompli son sacrifice rédempteur; par la confession ensuite, car les péchés ne pourraient jamais être lavés et nous serions tous éternellement voués à la damnation si Christos n'avait permis, par son geste, l'acte de pardon, un pardon qui n'est possible que parce renaissance et résurrection sont au cœur du projet divin.

L'histoire de Bynarr nous apprend, d'ailleurs, que la renaissance et la résurrection peuvent prendre des formes diverses. Relisons le passage de son hagiographie qui en fait foi

Quelques heures avant sa mort, alors qu’il agonisait, il reçut d’abord les derniers sacrements puis la visite d’un jeune fidèle atteint de la vérole. Les médecins avaient prédit à cet enfant une mort certaine d’ici la fin de la semaine. Lui et ses parents entrèrent dans le presbytère en implorant le Tout-Puissant. Le prêtre qui donnait les derniers sacrements voulait qu’ils partent, ne souhaitant pas attraper la vérole, mais Bynarr, de sa voix de diplomate qui lui servit tant, l’invita à le laisser avec l'enfant. Il le prit donc dans ses bras. En même temps, il cueillit un lys qui poussait dans un bac de bois, sur le rebord de la fenêtre.
Bynarr dit alors au malade : « Demain, je ne serai plus de ce monde, j’ai déjà servi le Très-Haut comme je l’ai pu et maintenant, il m’appelle à le rejoindre ; mais toi, tu as encore tout à apprendre, tout à faire. Cette nuit, je vais prier pour que le Très-Haut te guérisse et, quand j’arriverai sur le Soleil, tu guériras. Demain, tandis que l’on me retrouvera mort dans mon lit, toi, tu te réveilleras soigné. Va, prends ce lys et retourne chez toi pour prier ! »
L’enfant acquiesça et s’en retourna en pleurant de joie. Toute la nuit jusqu’à minuit, heure où il s'endormit, il pria le Très-Haut. Bynarr, souhaita de ne plus être visité pour prier l’enfant avec toute sa ferveur, ce qu’il fit jusqu’à minuit, lorsque le Tout-Puissant le rappela. Le lendemain, on retrouva Bynarr mort, les mains en signe de prière, les yeux fermés et le sourire de la satisfaction du travail accompli aux lèvres. Au même moment, le petit enfant qu’il avait accueilli se réveilla, guéri.

On apporte à Bynarr un enfant très malade et sur le point de mourir; et lui qui agonisait, il ne songe plus désormais qu'à sauver cet enfant et décide de rendre son âme à Dieu pour que l'enfant mourant puisse renaître, ressusciter à sa place, échangeant son possible retour sur Terre contre la vie de cet enfant.
Comment mieux montrer combien les idées de renaissance et de résurrection sont au cœur de Notre foi ? Comment aussi mieux montrer que le don total de soi à Dieu est une source de "nouvelle vie" pour autrui, à l'imitation du don que Christos fit de sa vie pour permettre au genre humain dans son ensemble d'accéder à la renaissance et la résurrection et de celui que fit Bynarr pour permettre à cet enfant de vivre ?


Enfin, comment mieux nous en convaincre qu'avec les aventures de Saint Nicolas Noël ?
Quand on interrogeait le saint homme sur les problèmes de santé qu'il rencontrait chaque hiver, voici ce qu'il répondait


Je parlerais d’un cadeau de Dieu plus que d’un problème, car à chaque fois que je frôle la mort j’en apprends de Christos et Aristote, car notre Créateur nous donne toutes les réponses à toutes les questions pour que nous puissions voir notre vie sous des jours nouveaux et que nous puissions nous juger nous-mêmes avant d’être jugés.
En principe en revenant à la vie, nous laissons ces connaissances et un peu de notre force, mais Dieu en a fait autrement pour moi je pense et bien que je ne garde qu’une réponse, sans choisir laquelle, je ne perds pas tout de ma visite chez les Saints.

Oui, pour Nicolas Noël, ses problèmes de santé, c'était comme vivre et mourir en alternance, vivre et mourir en permanence et à chaque fois renaître, ressusciter avec des éléments nouveaux pour envisager sa vie autrement, mieux la juger et s'améliorer dans le chemin de la Vertu. Or, cela n'aurait pas possible si Dieu n'avait pas placé l'idée-même de renaissance et de résurrection au cœur de son action, notamment à travers le libre choix qu'Il laisse aux humains parce que c'est l'un des chemins les plus beaux vers le Salut de l'âme.

Dieu me dit: « Maintenant, le temps est venu pour toi de faire ton choix. Tu peux décider d’accepter la mort. Dans ce cas, je jugerai toute ta vie, les moments où tu as su œuvrer pour la vertu et ceux où tu t’es détourné d’elle. Si, alors, Je juge que tu le mérites, tu rejoindras les élus pour une éternité de joie et de bonheur. Mais si Je juge alors que ta vie n’a pas été assez vertueuse, tu connaîtras une éternité de tourments en Enfer. Mais, si tu penses que ton temps n’a pas encore été accompli, que tu n’as pas encore fait tes preuves devant Moi, tu peux décider de revenir à la vie.

Chaque homme, chaque femme est libre de renaître, de ressusciter par le baptême, par la confession et par la question parce que Dieu, dans son infinie sagesse et dans son amour incommensurable pour ses créatures, l'a voulu; parce qu'il a voulu permettre au plus grand nombre d'accéder à la Vertu et au Paradis solaire, signes indubitables que renaissance et résurrection sont, non seulement les preuves, mais surtout les moyens du Salut.

J'invite donc, en ce soir de Noël, et en conclusion, tous les aristotéliciens du monde entier, à communier ensemble en Notre Créateur et à pousser la porte du Pardon afin, eux aussi, de venir renaître, de ressusciter en Notre Sauveur, le Très-Haut, sous les ailes d'une Eglise à nouveau rassemblée, unie, forte et parlant d'une seule voix aux fidèles.
C'est pourquoi, ce soir, comme cadeau de Noël, j'offre à chacun et chacune d'entre vous, un bouquet de lys, ces fleurs si chères à Saint Bynarr, symboles de renaissance et de résurrection et que l'on trouva en nombre tout autour de sa maison. Puissent-ils aussi être des symboles de paix !



Joyeux Noël à tous et à toutes !

Pie de Valence
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