Il ne faut jamais désespérer de Dieu (Messe)

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Il ne faut jamais désespérer de Dieu (Messe)

Message  Pie de Valence le Lun 3 Aoû - 18:14

Messe sur le thème: il ne faut jamais désespérer de Dieu


Pie fit sonner les cloches de l'église pour la messe qu'il donnait chaque mois depuis qu'il était évêque. Si certaines avaient eu lieu en gargote pour leur donner plus d'éclat et de relief, ce n'était désormais plus le cas. L'évêque préférait désormais privilégier l'intimité joinvilloise et langroise depuis son retrait de la vie publique bourguignonne.



Mes biens chers frères et sœurs, soyez les bienvenus en l'église de Joinville.

Aujourd'hui, je voudrais vous montrer qu'il ne faut jamais désespérer de Dieu et qu'il faut garder la foi quoi qu'il arrive.

Livre de la Pré-Histoire
Chapitre V - « Le roi du péché »

Cela dura des semaines et des mois. La débauche des humains n’avait plus de limites. Plus aucun, alors, n’avait la moindre intention de travailler. La violence et le stupre étaient leur pain quotidien. Les greniers furent jetés à bas et tous se battirent pour récupérer le plus possible de denrées. Ils ne voulaient plus que s’abandonner à leur excès pour les choses matérielles.
Tous se méfiaient les uns des autres. Le moindre prétexte était bon pour recommencer leur ode à la violence. Lorsque l’un, poussé par la gourmandise, enviait les nourritures que l’autre possédait et tentait de les lui dérober, l’autre, poussé par l’avarice, répondait par la violence. Plus personne ne se parlait, sinon en se menaçant et en s’insultant.
Les hommes et les femmes ne regardèrent plus vers les étoiles. Le péché avait prit le contrôle de leur vie. Ils avaient oublié jusqu’à l’existence même de Dieu et ne ressentaient plus son amour. Ils n’aimaient plus que les plaisirs malsains du péché. Sans Oane pour la leur rappeler, la vertu fut oubliée et le vice fut élevé sur le piédestal de leur détestable vie.
Leur seul interlocuteur était la créature à laquelle Dieu n’avait pas donné de nom. Elle exultait de bonheur, pensant avoir enfin démontré au Très Haut que sa réponse était la bonne et que celle d’Oane était fausse. Selon elle, le fort devait dominer le faible et le faible se soumettre au fort. Elle niait la puissance de l’amour comme sens de la vie et détestait Oane pour la pureté de sa foi.
Elle fut la seule à s’être rappelé qu’il avait été enterré au centre de la cité. Pour le défier, elle alla sur sa tombe et en renversa la pierre tombale. Elle déterra le cadavre d’Oane et dansa une nuit entière, piétinant son corps, en chantant sa joie d’avoir détruit son oeuvre. Tout autour d’elle, la ville était en flammes, alors que les humains se battaient, se violaient, se tuaient et se torturaient mutuellement. L’heure du triomphe semblait être venue pour la créature que Dieu n’avait pas nommée.
Elle alla dans les mines récupérer ce dont elle avait besoin pour se forger sa couronne de reine de la Création. Elle était faite d’or, d’argent, de diamants, de rubis, d’émeraudes et de tout ce qu’on pouvait trouver de plus précieux au monde. Son poids témoignait de l’orgueil et de la haine envers les hommes et les femmes qu’avait développés la créature que Dieu n’avait pas nommée. Et celle-ci était la seule à lever les yeux au ciel, mais c’était pour afficher son sourire de triomphe envers Celui dont elle attendait l’aveu d’échec.
Alors, Dieu voulut donner une grande leçon à ces humains, qui l’avaient trahi. Le ciel se fit noir au-dessus de la communauté et les vents soufflèrent avec force. Il leur dit: “Alors que je vous ai donné mon amour, vous vous en êtes détournés, préférant écouter les paroles de la créature à laquelle je n’ai pas donné de nom. Vous avez préféré vous abandonner aux plaisirs matériels plutôt que de me rendre grâce.”
Il ajouta: “J’ai créé pour vous un lieu appelé Enfer, que j’ai disposé dans la lune, où les pires d’entre vous connaîtront une éternité de tourments pour les punir de leurs péchés. Dans sept jours, votre cité sera engloutie dans les flammes. Et ceux qui y seront restés passeront l’éternité en Enfer. Cependant, Je suis magnanime, et ceux d’entre vous qui sauront faire pénitence passeront l’éternité dans le soleil, où se trouve le Paradis.”

L'épisode que je viens de vous lire concerne la période où la ville d'Oanylone qui avait été fondée par Oane, s'est livrée à la Créature Sans Nom. Tous les crimes et les méfaits évoqués durèrent, comme il est dit des semaines et des mois.
Véritablement, on pouvait penser que Dieu avait abandonné l'ensemble de ses habitants et il y en a bien qui ont dû le penser et perdre la foi par désespoir, un peu comme cette trop longue nuit que la Bourgogne a traversée sous l'emprise des conseils ducaux hostiles à la version romaine de notre religion.
Combien ont dû, comme à Oanylone, se sentir abandonnés de Dieu et ont commencé à douter et à perdre la foi ?

Cet épisode n'est donc pas que le récit de la chute d'une cité dans le péché; il est plus que ça. Il nous enseigne qu'il ne faut jamais céder au désespoir et croire que Dieu nous a abandonnés, que c'est, au contraire, un moyen qui lui permet aussi de tester la profondeur de notre foi en Lui. Plus nous faisons confiance dans la Révélation qu'Il nous a faite dans le Livre des Vertus, plus notre foi sera forte et inébranlable.
Mais il nous enseigne aussi que ceux qui ont douté, ceux qui ont perdu la foi, ceux qui, trop faibles, se sont laissés entraîner et qui regrettent ne sont pas laissés de côté, que la force et la bonté de Son pardon sont incommensurables pour peu que le repentir soit sincère ainsi qu'Il nous le dit.


Aujourd'hui, ce temps est venu en Bourgogne comme il l'a été à Oanylone quand Dieu a décidé de mettre fin aux souffrances des Oanyloniens en volant au secours des Justes et des repentants et en punissant les endurcis.
Il vient de voler au secours de la Bourgogne.
Dieu a rendu justice à la Bourgogne en la rendant à la foi aristotélicienne romaine; les Justes doivent en être fortifiés; les repentants peuvent le faire sans crainte.
Faisons confiance à Dieu pour pourvoir à notre avenir et à l'avenir de notre duché pour qu'il ne sombre plus dans le péché.


(suivent la récitation du Credo et le partage du pain et du vin)

Messe écrite et dite en juillet 1463 par Monseigneur Pie de Valence, évêque de Langres

Pie de Valence
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