Messe à Notre-Dame (octobre 1463)

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Messe à Notre-Dame (octobre 1463)

Message  Pie de Valence le Mer 2 Mar - 21:05

[A Notre-Dame]

Le Primat, son guide et son secrétaire finirent par arriver sans encombre aux pieds de Notre-Dame. Il était temps; il ne restait que quelques heures avant la cérémonie.
Le monument avait une taille que le Primat n'avait encore jamais vue, sans commune mesure avec tout ce qu'il connaissait, à part, peut-être, Saint-Titus à Rome et encore... il lui semblait que Saint-Titus devait être moins massive et d'une capacité moindre.
Il remercia son guide puis, après quelques minutes d'hésitation, il y entra pour y prendre ses marques, donner des ordres pour la préparation de la cérémonie et se fit apporter de quoi se laver dans la sacristie afin d'être propre, frais et dispo.
Pendant ce temps, l'heure tournait et quand il fut prêt, il était déjà pratiquement l'heure de commencer. Le temps de passer les acolytes de la cathédrale en revue, d'installer les chantres dans le chœur et le moment était venu d'ouvrir les portes et de faire donner les cloches.


Frère Eudes, je vous prie, ordonnez que l'on fasse sonner.



Quelques minutes plus tard, les cloches de Notre-Dame se mirent à sonner à toute volée.
L'ensemble du clergé, ainsi que le Primat en grand habit solennel d'or et de brocart, vinrent prendre place en haut des marches du parvis pour accueillir anonymes ou célébrités qui se présenteraient.

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De nombreux anonymes se présentèrent à l'entrée puis arrivèrent les co-régents du royaume que le Primat salua respectueusement quand ils passèrent devant lui.

Soyez les bienvenus; c'est un grand honneur pour moi que vous ayez accepté de venir assister à cette messe.
Frères Eudes, je vous prie, veuillez conduire Leurs Altesses aux places d'honneur.


Alors, derrière les deux hauts personnages et derrière le Primat qui suivit, l'ensemble du clergé fit mouvement, en ordre parfait, pour gagner ses stalles.
Les voix des cloches s'éteignirent alors progressivement tandis que les chantres se mirent alors à entonner un hymne à la gloire de Dieu pour accompagner la procession du clergé vers le chœur.

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Arrivé devant l'autel, le Primat se génuflexa et se signa au nom de Dieu, d'Aristote et de Christos, et, le chant terminé, se tournant vers l'Orient, il entama la récitation de la Prière du Pardon qu'avait écrit autrefois Bender, un ancien évêque bourguignon, pour orner le Missel aristotélicien et qu'il faisait toujours réciter dans les grandes occasions

Bender.B.Rodriguez a écrit:

Prière de confession.

Pour la fleur écrasée, le caillou balancé…
Pour l’enfant apeurée par les cris des adultes,
Le vélin déchiré par animosité,
Ou pour la main blasée pour le denier du culte,
Pour le fruit défendu  cueilli et chapardé,
Pour le prêt non rendu, et le fiel envoyé,
J’en demande pardon.

Pour le Dogme bafoué en toute inconscience,
Pour l’impôt non donné au Duché sans patience,
Pour le noir coup de fouet que la mule renâcle,
Pour avoir pardonné Justice que l’on bâcle
Pour la flèche fichée au cœur de l’innocence,
Pour le vice niché dans un nid de jouvence,
J’espère rédemption.

Pour le vieil impotent, ignoré bien souvent,
Pour les cris entendus emportés par le vent,
L’acédie récurrente,  le grimoire laissé,
Pour les malfrats pendus et leurs vies taciturnes,
Ceux que l’épée pourfend dans les chemins nocturnes,
Et pour la plaie béante  portée au trépassé,
Donnez-moi rémission.

Pour les mots effrayants et la Loi repoussée,
Pour l’armée décimée, le voyageur tué,
Les dépits dissonants, les injures en taverne,
L’isolée dans sa ville, ou l’ascète en caverne,
Pour le maire mal aimé ou le pigeon blessé,
Le pouvoir qui rend vil  souvent perpétué,
Je fais ma contrition.

Pour le couple lassé, pour l’amour mal traité,
Pour le champ non semé, pour l’office manqué…
Pour l’ami repoussé, ou l’érudit planqué,
Pour l’échoppe cramée par peine ou par fierté,
Moqueries ou mensonges, ou manipulations,
Par stratégies qui rongent ou bien par évictions,
J’en demande la grâce.

Tandis que les acolytes passaient dans les rangs, purifiant l'air de leurs encensoirs, il annonça le thème de la messe du jour

Aujourd'hui, je suis venu parmi vous encourager la paix, prier pour son retour et offrir ma bénédiction aux dirigeants de notre royaume qui doivent faire face à des temps bien difficiles et qu'il serait lâche de laisser seuls face à l'adversité ainsi que prier pour le retour de la prospérité.
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La paix entre les Hommes, reprit le Primat, a toujours été l'un des desseins du Très-Haut ainsi qu'il l'exprime dans le chapitre consacré à l'Exode dans la Pré-Histoire du Livre des Vertus.

Alors que les cités se concurrençaient de plus en plus pour le contrôle des ressources, qu'elles créaient des armées pour tenter d'obtenir celles qu'elles ne pouvaient avoir par le commerce et qu'elles commençaient à s'en emparer par la violence et la traîtrise chez leurs voisins,

Dieu décida de leur permettre d’apprendre ce qu’était l’amitié, afin que, plus jamais, un humain n’en tue un autre. Il divisa le langage unique en une multitude de langues. Les humains ne se comprirent alors plus entre les cités. Le Très-Haut leur permit ensuite de pouvoir apprendre les langues qu’ils ne connaissaient pas. Cet apprentissage nécessitait pour chacun de s’ouvrir à la culture de l’autre. Ainsi, ils étaient moins enclins au combat, étant donné les efforts nécessaires pour apprendre les langages de ceux qu’ils voulaient attaquer.

Aussi est-ce toujours un déchirement pour l'Eglise quand l'un des enfants de Dieu oublie ces paroles, tire l'épée contre son frère et entraîne avec lui des amis, des proches, un peuple entier et précipite son peuple et le peuple adverse contraint de se défendre, dans les horreurs de la guerre: massacres, pillages, corps et âmes meurtries, montagne de cadavres...

Mes frères, mes soeurs,
prions d'abord pour l'ensemble des victimes de la guerre



O Très-Haut,
accueille dans ta miséricorde ceux qui sont tombés au cours des combats après s'être battus ou avoir résisté avec courage et abnégation, et toutes les victimes civiles de la guerre;  qu'elles puissent entrer dans ton Paradis solaire en récompense de leurs souffrances.
Fais que, depuis la Terre où elles souffrent, depuis le Ciel où elles se trouvent, elles puissent faire comprendre à leurs contemporains que le don de la paix est bien plus précieux que tout autre trésor.
Et donne à qui souffre encore de la haine des guerres fratricides la force de trouver le chemin de l'amour, du pardon et de l'espérance d'une vie meilleure,
Amen.

Sitôt la prière dite, un requiem s'éleva sous les voûtes de la cathédrale.

Puis, le requiem achevé, le Primat reprit son propos

Oui, certains oublient qu'ils sont tous frères et se combattent entre eux pour régler leurs querelles quand le Très-Haut eût voulu qu'ils partageassent leurs différences pour renforcer l'amitié qui devraient les unir et que plus jamais un humain n'en tuât un autre et quand ils oublient ce que Christos leur enseigna dans le chapitre 9  de sa Vita.

Que votre solidarité ne connaisse pas de frontières ! Souvenez vous, mes amis, qu'Aristote vivait dans un pays d'une culture peu tolérante pour les autres peuples. Aujourd'hui, vous devez savoir que toutes les nations ont droit au respect et leur peuple à la liberté et à notre amitié.

Dieu nous appelle à vivre dans l’amour, à nous éloigner des querelles : à ne pas exercer d’oppression, ni à être jaloux, à humilier, à juger. Il nous appelle à agir avec bienveillance, à effacer la discorde.
C'est pourquoi la guerre n'est approuvée ni par Dieu, ni par son Eglise qui le représente et que nous prions chaque jour pour que tous les esprits reprennent le chemin de la raison.
Car, la guerre, on le voit bien, n'est compatible ni avec le respect dû aux nations, ni avec la liberté due aux peuples; elle est la négation de l'amitié entre les Hommes et entre les aristotéliciens.


La paix est donc le plus grand bienfait que l'on puisse accorder au peuple et je ne doute pas que les représentants de la Très-Aristotélicienne Reine de France et de Sa Majesté Impériale ne leur tiennent le même langage. Elle est un besoin général. Il n'y a d'autre remède que la paix et la trêve qui vient d'être conclue en est le meilleur augure.

Je vous invite donc à joindre votre voix à la mienne afin que le Très-haut inspire les cœurs et favorise cette paix qui est le plus cher de nos vœux

O Dieu de paix, l’amour, la justice, la vérité et l’égalité sont les garants d’une paix durable.
Aide-Nous à vivre à nouveau en nous respectant les uns les autres, dans un esprit de vérité et d’engagement, rejetant toute jalousie, en surmontant le mal par la patience, en l’effaçant par le pardon et en instaurant le règne de la paix par la bonté. 
Entends ma voix, ô Dieu, et accorde au monde ta paix éternelle.
Amen.
.
Le Primat engagea la deuxième partie de la messe que devait se conclure la bénédiction des régents du royaume.


Le retour de la paix ne saurait suffire au retour de la prospérité de notre royaume. Des champs ont été dévastés, de nombreuses personnes tuées ou jetées au hasard sur les routes; d'autres sont allées se réfugier dans la quiétude d'un monastère sans qu'il soit certain qu'un jour ils reviennent au monde.

C'est une lourde tâche qui attend les co-régents pour relever le royaume de ses ruines. C'est la raison pour laquelle, dans ces temps d'épreuves et de nécessaire recueillement, l'union de la Cour, de la Couronne et de l'Eglise autour du Très-Haut nous a semblé être un devoir élémentaire auquel nous ne saurions nous dérober.
L'Eglise secondera, chaque fois que ce sera possible, les efforts de la couronne pour y parvenir; c'est notre devoir le plus élémentaire en temps de crise et c'est notre devoir de soutenir le trône quand il est en danger.


C'est pourquoi, aujourd'hui, je suis venu leur porter ma bénédiction.

Le Primat demanda aux co-régents de venir s'approcher sur les prie-Dieu devant l'autel et quand ils y furent il traça une croix dans les airs en prononçant les paroles de bénédiction

Par la volonté de Dieu, vous avez été choisis pour gouverner notre terre dans la magnanimité, dans la justice et dans la foi aristotélicienne.
Je vous bénis devant vos gens, devant Dieu et devant votre conscience. Que le Très-Haut vous guide dans les choix que vous prendrez.
Au nom de Dieu, des deux prophètes et de la sainte Église aristotélicienne, je bénis votre mandat pour qu'il soit prospère, fécond comme la terre en printemps, juste et soutenu de la clairvoyance du Très-Haut.
Je bénis ceux qui vous assisteront de leurs conseils avisés: qu'ils soient éclairés de la lumière divine comme fut éclairé Christos pendant les jours qu’il passa dans le désert.
Éloignez l'iniquité de votre vie, éloignez les choix méprisables et suivez la morale aristotélicienne, respectez la foi en Dieu comme vous l’impose le baptême.

Puis, la bénédiction donnée, le Primat invita l'ensemble des présents à la prolonger à travers la prière

Prions pour les co-régents
ainsi que tous leurs conseillers.
Que chacun d'eux, par le don de Ta Grâce,
Puisse conjurer l'adversité
Et rendre sa prospérité au royaume;
Que Saint Arnvald le justicier, les protège;
Que le très Saint-Louis, roi de France les guide;
Que la lance de St-Michel les défende contre les mauvais coups.
Amen.

Les chantres entonnèrent alors le Credo
.
Le Primat conclut la cérémonie par la récitation du Credo





Il bénit ensuite le pain et le vin et invita chacun des participants à venir communier dans l'amitié en Aristote et Christos
Messe écrite et dite à Notre-Dame par Monseigneur Pie II de Valence, évêque de Langres, en novembre 1464

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