Fête des Lumières (Messe, décembre 1464)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Fête des Lumières (Messe, décembre 1464)

Message  Pie de Valence le Mar 6 Déc - 16:17


Le cardinal de Lyon avait promis d'être à Lyon pour la fête des lumières et de dire une messe à cette occasion. Il honorait aujourd'hui ce rendez-vous qui lui tenait d'autant plus à cœur après que les hérétiques aient totalement ravagé et pillé l'intérieur de l'édifice qu'il avait fallu remettre en état à la hâte et avec les moyens du bord.

Les cloches de la cathédrale se mirent à sonner afin que tous ceux et toutes celles qui le désiraient puissent venir assister à la messe tandis que le clergé, précédé par un acolyte portant la croix de Christos et entourant l'archevêque, entraitpar la porte des chanoines en chantant un kyrie Eleision (Seigneur, aie pitié).

Ils s'étalèrent ensuite en corolle, chacun gagnant sa stalle tandis que l'archevêque, vêtu des plus beaux ornements, prenait place dans le chœur et que les fidèles s'installaient. Puis, quand le silence se fût fait, il s'adressa à eux.


A tous et toutes, soyez remerciés d'être ici présents et soyez les bienvenus dans cette cathédrale martyrisée récemment par les hérétiques.

Mais, tout d'abord, si vous le voulez bien, prions pour ceux et celles qui, récemment, ont combattu pour défendre Lyon et y ont parfois laissé leur vie

O Très-Haut,

accueille dans ta miséricorde ceux qui sont tombés au cours des combats après s'être battus ou avoir résisté avec courage et abnégation, et toutes les victimes civiles de la guerre; qu'elles puissent entrer dans ton Paradis solaire en récompense de leurs souffrances.
Fais que, depuis la Terre où elles souffrent, depuis le Ciel où elles se trouvent, elles puissent trouver le chemin de l'amour, du pardon et de l'espérance d'une vie meilleure, afin que s'effacent à jamais les peines qu'elles ont endurées

Amen.

Je suis très heureux d’être parmi vous, ce jour, pour conclure par une messe solennelle la Fête des Lumières, ce si beau spectacle d’une ville qui, chaque année, s’illumine spontanément de petits lumignons, petites flammes qui communient, le temps d’une fête, avec le Dieu d’amour et d’espérance du Livre des Vertus afin d’appeler sur elle, pour l’an à venir, les bénédictions du Ciel. Les événements récents qui ont secoué notre cité nous en font mesurer encore plus, je crois, l'intérêt.


Cette fête, qu'a mon grand regret certains de mes prédécesseurs ont négligé, est, par la symbolique qu'elle porte en elle, un moment de communion entre tous les Hommes autour de leur Créateur. Elle est, en quelque sorte, l'hommage que l'Homme rend à son Créateur en se rassemblant autour de l'objet qui symbolise le plus sa présence parmi Nous.

La vie est un chemin obscur, une route perdue au milieu d'une épaisse forêt dont on ne voit jamais le bout. Et l'homme est au milieu de cette forêt sans fin. Il essaye de s'y adapter, cherche à y vivre le mieux possible, tente d'y trouver le bonheur... mais le découragement peut aussi le saisir et alors il s'interroge: "A quoi bon ? Et pourquoi tout cela ? Pourquoi tout doit-il finir un jour ?". Alors, il prend peur devant ce néant annoncé et parfois même, il pleure à chaudes larmes.

Pourtant, au milieu de cette forêt, il n'est pas abandonné. Une lumière brille, mais l'homme ne la voit pas toujours parce qu'elle exige un peu d'efforts pour la trouver, des efforts de méditation et de contemplation, un temps pour se dire que l'homme n'est pas le fruit du hasard mais que, comme toute chose, il a un créateur vers lequel il peut se tourner.

Alors l'homme découvre une nouvelle sorte d'amour. Alors, une lumière commence à luire dans les ténèbres de l'obscure forêt. Cette lumière, c'est Dieu. Il est la clarté qui illumine le monde et qui brille dans le fond de l'obscurité afin de guider le voyageur perdu dans la tempête et l'homme qui cherche son chemin au milieu des ténèbres. Et quiconque rencontre cette lumière et la suit ne mourra jamais car Dieu l'accueillera après sa mort dans la chaleur bienfaisante de son Paradis solaire.

Ce chemin, c'est celui tracé par le Livre des Vertus, la Vie des deux prophètes Aristote et Christos et l'Eglise appelée par Dieu à poursuivre l’œuvre entreprise ; quiconque les suit suit le chemin de Dieu, accède à l'arbre de la connaissance, purifie son âme de tout péché et accède à la Vérité du monde. Alors, il devient un homme vraiment libre parce qu'il commence à maîtriser son destin et s'ouvre au vrai bonheur.

De même, l'amour qu'il découvre est un amour positif car attaché à la lumière. L'empathie que l'homme manifeste pour son créateur, il l'éprouve aussi pour ses semblables comme dans un jeu de miroir et l'homme qui se sent bien a envie de répandre le bien autour de lui. Ainsi l'homme participe à la grande œuvre de l'humanité qui est de
porter le monde vers toujours plus progrès et d'aisance afin que le malheur et la misère finissent par en disparaître.

C'est tout le sens de la parole que Dieu adressa à Aristote dans le temple de Stagire


"Voilà ce que ma puissance réserve aux idoles qui se font honorer comme des dieux. Cherche le Dieu unique, cherche la Vérité et la Beauté, car un jour viendra celui qui restaurera tout".

Aussi, méfiez-vous des dévots intolérants, des bigots qui fuient tout plaisir et de ceux qui prétendent apporter la foi au fil de l'épée comme nous en avons eu l'expérience récente à Lyon.
Dieu n'aime pas ces gens-là et, lorsqu'il le peut, il réalise des miracles inattendus afin de les confondre aux yeux des vrais croyants. Est-ce d'ailleurs un hasard si c'est dans le mois où l'on fête saint Martin, le saint patron du royaume de France, que Dieu a accompli un miracle destiné à sauver le royaume de France ? Je ne sais, mais il y a de quoi méditer la question.

La cérémonie s'achevait. Peu d'habitants étaient venus prier pour les blessés et les morts qui avaient défendu Lyon, comme s'ils regrettaient presque que l'entreprise ait échoué et pas d'avantage s'étaient mobilisés pour célébrer la fête des Lumières qui célèbre l'union entre Dieu et les hommes.

A présent, pour conclure cette cérémonie, avant de nous séparer, récitons le Credo, symbole de notre foi.



L'heure est venue à présent de retourner à vos occupations quotidiennes. Je vous dis au revoir et à bientôt.

Il regagna alors la sacristie et discuta avec frère Eudes. Il souhaitait lui confier une mission spécifique en Lyonnais-Dauphiné.
Messe écrite et dite par Son Eminence Pie II de Valence, Cardinal-archevêque de Lyon, en décembre 1464

Pie de Valence
Admin

Messages : 117
Date d'inscription : 24/11/2012

Voir le profil de l'utilisateur http://abbayesaintmartin.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum