Histoire de l'Eglise - Tome 1

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Histoire de l'Eglise - Tome 1

Message  Pie de Valence le Mer 19 Déc - 18:15

HISTOIRE DE L'EGLISE - TOME 1, par Monseigneur Jerem51, Recteur de la Congrégation de St Thomas et révisée par Monseigneur Pie II de Valence

L'EGISE ARISTOTELICIENNE AVANT ARISTOTE

=> Sources
Maigres sont les sources et floues sont les indications qui permettent de reconstituer les divers cheminements qui conduisirent des Hommes de religions diverses à se rejoindre dans la pensée du prophète Aristote aux alentours du IVème S. av. JC selon certains, plus tardivement selon d'autres sources.
La plupart ont, en outre, été écrites bien des années plus tard, utilisant elles-mêmes des textes aujourd'hui disparus ou qui ne nous sont parvenus qu'à l'état fragmentaire comme le Miroir d'Oane ou la Pierre d'Oane du peuple de Mhour.
C'est à partir de ce peu de sources, et aussi imparfaites ou réécrites qu'elles aient été, qu'il nous faut fonder notre travail.

=> L'événement fondateur: la destruction d'Oanylone
Sans qu'on puisse dater l'événement, ni localiser précisément cette cité, il semble bien que l'élément qui conduisit certains hommes à préserver un héritage plus ancien attribué à un certain Oane, héritage assimilé plus tard par les disciples d'Aristote, fût la destruction d'Oanylone.
Oane, si l'on en juge par le Livre des Vertus, avait été sans nul doute, le premier des Hommes à comprendre vraiment, sans pouvoir l'expliquer, l'unicité de Dieu et son rôle dans la Création. C'est la raison pour laquelle Dieu, le considérant comme le plus sage d'entre tous les Hommes, s'adressa à lui comme le plus capable de dissiper l'inquiétude de ses semblables qui ne comprenaient pas la raison de leur présence sur Terre.
Face à la Créature Sans Nom, Oane affirma la primauté de l'amour qui devait unir tous les Hommes entre eux et les Hommes à la divinité. C'était à ce seul prix que l'on pouvait repousser les assauts de la Créature, part obscure de Dieu, capable de détruire et d'engloutir le monde dans le chaos du Néant primitif.
Oane avait déjà cerné la partition du monde en trois sphères, celle du bien, celle du mal et celle de l'incertain. Sans doute est-ce cette théorie oaniste qui amena Aristote à formuler celle de Juste Milieu, fondement de l'Eglise aristotélicienne.
Sans que l'on puisse savoir en quoi il consistait, il est indéniable qu'Oane institua une première forme de culte dont témoigne peut-être encore le rite connu sous le nom de "petit rite noamien" et donna à ses fidèles des règles de vie en société qui devaient permettre de vivre en harmonie dans l'amour et l'amitié: ne pas voler, ne pas tuer, respecter son père et sa mère, ne pas témoigner faussement contre son voisin, ne pas convoiter son bien, agir avec tempérance, respecter la liberté d'autrui.
Enfin, Oane semble avoir eu une vision assez pessimiste de la religion, convaincu de l'impuissance de l'Homme face à la grandeur divine qu'il ne pouvait que comprendre imparfaitement.

=> Le peuple de Noam et le peuple de Mhour
La destruction d'Oanylone qui fut l'acte fondateur pour la préservation de la mémoire des prémices de notre Eglise, fut diversement analysée. Si, pour Sypouss, elle aurait résulté de l'acédie qui conduisit les Hommes à négliger Dieu au profit de l'oisiveté et de l'appât du gain les propulsant ainsi dans les bras de la Créature et de ses conseils, pour le peuple de Noam, l'un des continuateurs de la pensée d'Oane, l'acédie ne se serait développée que parce qu'on n'avait pas cru devoir réduire le temps de travail des hommes pour le mettre en adéquation avec le gain de temps opéré par les machines inventées par l'esprit humain. Le seul résultat auquel on aurait abouti aurait été un grand épuisement moral de ceux-ci, une augmentation du nombre de suicides, et finalement, une volonté de ne plus obéir du tout, ni à d'autres hommes, ni à Dieu.
Il n'est d'ailleurs pas impossible que la destruction d'Oanylone résulte en fait de ces deux causes, l'absence de réduction du temps de travail amenant les humains à ne plus obéir et à s'adonner à l'acédie par réaction.

Qui qu'il en soit, cette terrible destruction dispersa les survivants en grappes d'humains au nombre de sept comme nous le conte l'histoire du peuple de Mhour, chacun d'entre eux pensant être désormais le seul continuateur de la pensée d'Oane.
L'un de ces groupes avait pour guide Noam, petit-fils d'Oane.
Outre le "petit rite noamien" déjà mentionné, c'est au peuple de Noam que l'on doit l'idée du partage de la journée en trois période d'égale durée séparant le travail, le loisir et le repos.
Un autre de ceux-ci avait pour guide Anani et prit le nom de peuple de Mhour.
Sans doute est-ce par l'intermédiaire de ce peuple que nous est parvenue l'indication selon laquelle, selon qu'ils se seraient bien ou mal comportés sur Terre, les Hommes seraient envoyés dans l'Enfer lunaire ou le Paradis solaire. Nulle mieux que la mort et les dernières paroles d'Anani n'expriment cette idée.
De même, c'est du peuple de Mhour que vient la coutume de ne plus incinérer les morts.

=> La vision future de la réunification des enfants d'Oane

Pourtant, le peuple de Noam avait déjà la vision claire que tout ces enfants dispersés d'Oane finiraient un jour par se rejoindre au sein d'une seule et même Eglise comme semble en témoigner le songe de Noam.

L'EGLISE ARISTOTELICIENNE AVEC ARISTOTE

=> Contexte
Aristote qui est le premier des deux prophètes de notre Eglise, est né à une époque charnière dans l'évolution de la pensée occidentale.
Fortement influencé par la culture grecque classique et notamment les enseignements de Socrate et de Platon, il fut aussi marqué par l'hellénisme naissant suite à la conquête de l'Empire perse par son élève, Alexandre le Grand. C'est ainsi qu'il découvrit la civilisation, à bien des égards encore hermétique de nos jours, de la tribu d'Habram, descendante de la tribu de Mhour, comme le rapporte l'étrange récit de Collagène de Mégare.

=> Une fêlure fondatrice
Aristote avait été élevé, dès sa naissance, dans le culte du respect dû aux dieux de l'Olympe, comme tous ses contemporains grecs, et, toute sa vie, il fréquenta des gens qui, comme Alexandre, restèrent fidèles à ces croyances quoi qu'ait pu en dire l'auteur du Siège d'Aornos ou qui, comme Platon, feignaient d'y croire.
Pourtant, lui-même, ébranlé par l'écroulement soudain du temple d'Apollon à Stagire alors qu'il n'avait que cinq ans et par la Révélation qu'il reçut ce jour-là lui enjoignant de chercher "le Dieu unique", était en quête de sens. C'est cette quête qui constitua l'instrument avec lequel il forgea sa pensée.

=> Une foi en quête d'intelligence
Là où la pensée d'Oane s'était heurtée à l'incapacité d'expliquer rationnellement l'unicité de Dieu à son peuple et reposait donc uniquement sur la Foi, Aristote disposa de la supériorité de la pensée grecque, fondée sur l'étude des faits, la logique et "l'accouchement" des âmes tel que le pratiquait Socrate.
C'est ainsi, qu'à force d'observation, de discussions, d'interrogation précise des faits et de leurs causes, il parvint à démontrer par la seule force de la raison, l'unicité de Dieu, la survivance de l'âme ou encore combien la forme sphérique était perfection.
De même, il démontra que l’idée ne vient à l’esprit que tant qu’il existe la chose, contrairement à Platon qui affirmait que l’idée est le produit de la conscience, et la chose celle du réel, donc que les idées sont une création abstraite de l'intellect, niant le pouvoir créateur de l'esprit.
C'est aussi par la raison, et l'étude des idées propagées par la mystérieuse tribu d'Habram, l'une des continuatrices de la pensée d'Oane, qu'il formula l'idée du Juste Milieu devant conduire à la Vertu: chacun ayant une connaissance intuitive du Mal et du Bien, voulant se préserver de l'un et sachant qu'il ne pourrait atteindre l'autre à cause de son imperfection liée à son état d'humain, devait s'efforcer de se maintenir dans une voie moyenne aussi éloignée que possible du Mal et tendant vers le Bien.
Enfin, pour permettre à son enseignement de se propager et former des disciples aptes à continuer son oeuvre après sa mort, il fonda le Lycée, à Axos, lointain ancêtre de nos universités modernes.

=> Un homme de son temps
Héritier de la culture et de la pensée grecques, l'enseignement d'Aristote fut influencé par son époque et par l'admiration sans bornes que Platon vouait à l'aristocratique cité de Sparte aux dépens de la démocratique Athènes.
Aussi, quand il réfléchit à l'organisation d'une cité idéale, proposa-t-il une organisation très hiérarchisée à la tête de laquelle dominerait la caste des philosophes-rois, appuyés sur celle des guerriers et dominant les classes les plus basses; une société où, affirmait-il, il était absolument impossible que la moindre amitié puisse naître entre un homme des basses classes et un puissant. Il prônait donc la mise en place d'une société profondément inégalitaire, régulée par la seule sagesse des philosophes-rois.
C'est sans doute la raison pour laquelle Dieu envoya aux Hommes le prophète Christos, chargé d'infléchir ce que la pensée d'Aristote pouvait avoir de trop catégorique en ce domaine.

L'EGLISE ARISTOTELICIENNE AU TEMPS D'ANTIOCHOS ET DES SCHOLARQUES

=> Une réaction anti-aristotélicienne
La mort d'Alexandre le Grand à Babylone, en 323 av. JC, faillit être une tragédie pour l'aristotélisme. Les tenants de la religion officielle qui n'avaient jusqu'ici toléré les enseignements du prophète que parce qu'il était un protégé du roi, libérèrent leur fureur trop longtemps contenue. La violence se déchaîna, Nicomaque, le fils d'Aristote, eut les yeux crevés et le prophète lui-même, pour sauver sa vie, dut chercher refuge à Chalcis où il fut finalement découvert avant d'être empoisonné par un esclave venu d'Athènes. Tout semblait alors à reconstruire et personne n'aurait, à cette époque, parié sur le futur succès des idées d'Aristote.

=> Nicomaque et Antiochos
C'est alors que vers 305 av JC, Séleucos devint roi de Syrie. Séleucos avait été un des plus fidèles disciples d'Aristote et, quand les forces abandonnèrent le prophète, c'est vers le Syrien qu'Aristote se tourna, sous l'inspiration de Dieu. En effet, Dieu lui avait révélé le rôle auquel était destiné le jeune Antiochos, fils du roi, qui, sous la conduite de Nicomaque, le plus fidèle conservateur de le pensée de son père, devait mener au succès que l'on sait, et pendant que le fils du roi grandissait, Nicomaque l'instruisait de toutes les connaissances que lui avait léguées son père et prêchait auprès des Syriens, les encourageant à se convertir à la Vraie Foi.

=> Naissance de l'Eglise Oaniste Aristotélicienne
Antiochos, devenu vice-roi, était favorable à la propagation des idées d'Aristote à travers les terres de son père. Aussi envoya-t-il cinq hommes et une femme répandre la parole du prophète. C'est ainsi que ses missionnaires parvinrent à Babylone, en Mésopotamie, où ils entrèrent en contact avec le clergé local et notamment l'Eglise Oaniste babylonienne qui conservait jalousement le culte et les rites fondés par Oane et Noam.
Très vite, de nombreux points de convergences se firent jour et les Oanistes intégrèrent nombre d'enseignements d'Aristote à leur religion.
De son côté, séduit par la foi oaniste et leur capacité à faire la synthèse entre leur religion et les idées d'Aristote, Antiochos décida derechef, de proclamer cette religion, religion officielle: c'est ainsi que naquit l'Eglise Oaniste Aristotélicienne.
Devenu roi en 280 av JC, après l'assassinat de son père, Antiochos, dont la sagesse et la réputation ne faisaient que grandir, mit tout son pouvoir au service de Dieu et aida à la construction de nombreux temples, comme, par exemple, celui d'Antioche. De même, entretint-il des liens étroits avec les Scholarques, disciples d'Aristote, dont ils conservaient et approfondissaient la pensée au sein du Lycée.
Cependant, la colère finit par gronder contre Antiochos, accusé de bien plus s'occuper des intérêts du Ciel que de ceux de ses Etats. De nombreuses révoltes éclatèrent; ses ennemis extérieurs affaiblirent l'Empire séleucide et, Antiochos finit par périr assassiné le jour de l'inauguration de temple d'Antioche, en 261 av JC.

=> L'apport des scholarques
Tandis que Nicomaque, s'occupait de former le jeune Antiochos et de lui enseigner les principes aristotéliciens, en Grèce, Théophraste, successeur du prophète à la tête du Lycée de 322 à 288 av JC, s'efforçait de convertir les Grecs et les Macédoniens.
Dès qu'il entendit parler de la renommée d'Antiochos, il prit contact avec lui afin d'affermir les fondements de la toute jeune Eglise Oaniste Aristotélicienne.
Son successeur, Straton de Lampsaque, à la tête du Lycée de 288 à 268 av JC, reprit les travaux d'Oane et d'Aristote sur l'évolution du monde et réussit à les concilier en un tout cohérent, montrant comment cela était dû à l'interaction des éléments entre eux, sous l'influence de Dieu. Il est à l'origine de la théorie du mouvement exprimée dans les débuts du Livre des Vertus.
Il contribua aussi à la conversion du pharaon d'Egypte, Ptolémée, préparant ainsi l'entrée de celle-ci dans l'aire aristotélicienne.
A sa suite, Lyon de Troade, scholarque de 268 à 224 av. JC, prit une part considérable au développement de "l'esprit de Pergame". Alors que, jusqu'ici, l'étude des textes consistait surtout en une étude et un commentaire littéraux de ceux-ci, il encouragea le développement de la méthode critique pratiquée dans cette ville: chercher le sens profond, voire caché, des textes, considérant que ce qui était véritablement signifié ne correspondait pas nécessairement à ce qui était écrit.
En outre, il constitua autour de lui un cénacle composé notamment d'un responsable des questions théologiques, d'un responsable chargé de garder trace des discours prononcés en public et de leur publication, d'un responsable chargé de la correspondance avec les grands dirigeants du monde ... donnant ainsi de véritables institutions au Lycée.
Le 4ème scholarque, Ariston de Ceos, en poste de 224 à 185 av JC, fut d'abord un grand médecin, intégrant la science égyptienne à son art afin de le mettre au service de tous, au nom de l'amitié et de la justice en rétablissant l'égalité de tous devant les soins.

=> Le temps des persécutions et de l'affaiblissement
Critolaos, son successeur à partir de 185 av JC, eut à faire face à la montée en puissance de Rome et son rejet de la culture grecque. Malgré ses qualités de diplomate et un brillant discours prononcé en 155 av. JC devant le Sénat romain, il ne réussit pas à vaincre l'hostilité contre le monothéisme aristotélicien et ses ennemis, convaincus du danger qu'il représentait, décidèrent de l'éliminer. Seule l'intervention miraculeuse de Dieu permit de le sauver.
En 148 av JC, Diodore de Tyr lui succéda. Issu des milieux oanistes d'où lui venait, par ailleurs, son inébranlable foi en l'action charitable, seule capable d'établir l'égalité et la justice entre les Hommes, il comprit que l'on ne pourrait efficacement lutter contre l'influence païenne des Romains qu'en unissant toutes les forces monothéistes dans un même ensemble. Aussi prépara-t-il la fusion entre l'Eglise Oaniste Aristotélicienne, issue de l'époque séleucide et le Lycée en un même ensemble, avec une unité d'action, une organisation, un dogme et des textes communs. C'est vraisemblablement à cette époque que circulèrent les premières versions des parties les plus anciennes du Livre des Vertus.
Ce faisant, il renforça l'hostilité romaine contre lui et ses disciples et il fut massacré, avec un certain nombre d'entre eux, en 110 av JC.
Vint alors Erymnéos, issu de l'Eglise Oaniste Aristotélicienne. Parfaitement intégré au monde romain, il devint un brillant avocat, mettant au service des pauvres ses talents, inspirés par la Vertu tirée du Juste Milieu cher à Aristote. Cependant, son accession à la tête du Lycée, suite à l'assassinat de son prédécesseur devint un vrai handicap: il fut contraint de renoncer à son métier car toutes les causes lui devinrent défavorables; malgré ses efforts, l'Eglise, tétanisée, se replia sur elle-même et abandonna son préceptorat auprès du peuple qui se détourna d'elle; la corruption gagna le lycée lui-même et certains lycéens s'engouffrèrent dans la quête du pouvoir. Bientôt, le Lycée ne fut plus que l'ombre de lui-même.
Décidé à réagir, Erymnéos, sur la recommandation d'Aristote, décida d'emmener avec lui les plus valeureux, ceux qui acceptèrent de partir avec lui gravir le Mont Cithéron: ils ne furent que 6 théologues et 15 disciples assez courageux et vertueux pour y parvenir. Son acte arrêta provisoirement l'hémorragie, mais, toujours en bute à l'hostilité romaine, Erymnéos périt deux ans après avoir été victime d'un attentat dont il ne se remit jamais complètement, en 78 av JC.
L'Aristotélisme semblait condamné à terme.

L'EGLISE ARISTOTELICIENNE AU TEMPS DE CHRISTOS ET DES APOTRES

=> Cicéron et Sénèque, introducteurs de la pensée grecque à Rome et fondateurs de la théologie moderne
Alors que les autorités romaines s'étaient montrées violemment hostiles aux idées et à la culture grecques, dans certaines élites cultivées, il en allait autrement. Cicéron et Sénèque furent deux des plus brillants rejetons de cette élite favorable à l'hellénisme dont ils contribuèrent à assurer la propagation. C'est ainsi que, tous deux, par leurs recherches et leurs études, découvrirent les enseignements d'Aristote et les diffusèrent auprès du public romain qui commença à regarder tout ce qui venait de Grèce d'un œil nouveau.
Cependant, leurs travaux ne se limitèrent pas à diffuser la pensée d'Aristote. Par leurs traités, le De Natura Deorum et le De Providentia, ils contribuèrent à enrichir la pensée théologique, au point qu'on puisse les considérer comme les deux premiers théologues modernes de notre Eglise.
En effet, dans le De Natura Deorum, Cicéron ne se contenta pas de démontrer à nouveau l'unicité de Dieu telle qu'établie par Aristote, il démontra aussi comment Dieu était transcendant à sa création, seule condition de son omniscience et de son omnipotence tandis que Sénéque, dans son De Providentia démontrait la toute puissance du divin, fatalité devant laquelle tout destin individuel devait plier. Il y approfondit aussi l'existence du bien et du mal, démontrant que rien de véritablement mauvais ne peut arriver à l'Homme de bien. Ce qui ressemble à l'adversité n'est en fait qu'un moyen par lequel le Très-Haut teste les vertus de chaque homme. À ce titre, celui qui est Homme de bien sortira de l'épreuve plus fort qu'auparavant. Aussi l'Homme sage est-il celui qui se soumet à la volonté divine, sans restriction, accepte le sort qu'il lui est fait et s'attache à écarter de lui toutes les actions qui le corrompent.

=> De Christos
C'est pourtant loin de ces milieux lettrés et romanisés que naquit Christos, celui que la prophétie d'Aristote désigna comme l'Envoyé de Dieu, le Messie.
Rien ne prédestinait pourtant ce modeste enfant, né au hasard des routes dans une bicoque délabrée de Bethléem, dans une pauvre famille de pieux vagabonds habitants les terres du roi Mistral IV, en Syrie-Palestine, à devenir un jour un personnage illustre. Il est d'ailleurs fort probable que Christos n'ait jamais su lire et n'ait jamais rien su de la pensée développée par Cicéron et Sénèque bien qu'elles eurent beaucoup d'influence sur l'Eglise par la suite.
Pourtant, c'est à lui, tout illettré qu'il fût, que revint, en ce temps d'incertitude où la Foi était éparpillée en de multiples courants qui s'étaient multipliés avec l'effritement du poids des instances officielles de l'Eglise Oaniste Aristotélicienne sous les coups de boutoirs des Romains, de rassembler toutes ces tiges pour constituer une nouvelle Eglise.

=> De l'Oanisme au Christosisme
Christos, comme Aristote, bien qu'avec un bagage culturel moindre, avait pour lui une solide capacité à observer et à raisonner à partir de ses observations, ce qui explique que toute sa vie et toute son action furent guidées par ce que l'on pourrait nommer un solide "bon sens" qui lui faisait office de Juste Milieu. C'est ce "bon sens" qui conduisit Christos à fonder son action sur deux ou trois principes: consolider, rénover, innover.
Tout d'abord, il réaffirma un certain nombre de bases, tirées aussi bien des enseignements d'Aristote que des apports de l'Oanisme, comme par exemple, la croyance en un Dieu unique, éternel, créateur de toute chose, omniscient et omnipotent ou la croyance en l'existence d'un Paradis solaire et d'un Enfer Lunaire où, selon les vertus et les péchés dont nous nous sommes rendus coupables, nous pourrions être envoyés.
De même, il consolida, en la redéfinissant, la notion d'amitié tirée d'Aristote en la couplant avec l'amour défini par Oane pour donner naissance à l'amitié aristotélicienne que la Créature Sans Nom menaçait sans cesse afin de tester notre foi.

D'ailleurs, redéfinissant l'amitié aristotélicienne, il en assura la rénovation en l'étendant à toutes les personnes, quels que soient leur rang, leur titre, leur sexe ou leur origine là où Aristote avait cru bon d'affirmer qu'il n'y a pas d'amitié possible entre gens de conditions trop inégales. Cela l'amena à dénoncer fermement l'esclavagisme et à proclamer l'égalité des hommes et des femmes entre eux et de tous devant le Créateur.
De même, bien que convaincu comme Aristote que l'Homme est un animal social fait pour vivre au milieu de la cité, il compléta cette pensée en affirmant que le retrait temporaire du monde n'était pas incompatible avec la vie dans la cité parce qu'elle permettait à l'Homme de réfléchir à ses actions.
Enfin, si lui-même fondait aussi nombre de ses réflexions sur l'observation et la raison, il proclama la nécessité de la foi sans laquelle il n'y a pas d'intelligence du cœur et affirma que le raisonnement n'était utile que tant qu'il permettait de démontrer les vérités de la foi pour en convaincre autrui.
D'un autre côté, il rénova aussi deux institutions nées de l'Oanisme, le mariage dont il affirma le caractère sacré et indissoluble et la messe dont il fit l'élément central devant commémorer son sacrifice à travers le pain et le vin de l'amitié, symboles de sa chair et de son sang.

Le troisième axe de sa pensée et de son action l'amenèrent aussi à innover. Constatant combien l'Eglise Oaniste Aristotélicienne s'était corrompue ou avait disparue, il décida de fonder une Eglise pour laquelle il institua rites et structures propres à souder les membres de la communauté entre eux afin qu'elle perdure après sa mort.
Le baptême, à côté de la messe et de l'amitié aristotélicienne rénovées, devint un de ces éléments cruciaux marquant l'appartenance à la nouvelle Eglise. Il signifiait à la foi une nouvelle naissance à Dieu par l'officialisation de la conversion à ses enseignements et une purification de l'ensemble de ses péchés passés par le rituel de l'ablution d'eau.
Menant d'ailleurs une réflexion sur le péché et le moyen de réparer le mal causé, il fixa les règles de la confession et des conditions dans lesquelles, à travers elle, pouvait s'exercer la Grâce divine.
D'autre part, il dota son Eglise d'une structure pérenne représentée aussi bien par Titus, l'un des apôtres qu'il désigna comme son successeur, que par les autres apôtres dont il fit des évêques chargés d'aller répandre son message dans le monde après sa disparition.
Enfin, il définit le statut de prêtre qui se singularisait par l'exigence de vertu, le célibat et l'interdiction de porter une arme.

=> Les Eglises apostoliques, les premiers courants, les premières hérésies
Après la mort de Christos, crucifié sur ordre de Pierre Ponce, préfet de Judée, parce qu'il avait été considéré comme un agitateur, les apôtres se dispersèrent dans le monde afin de diffuser son enseignement.
Certains restèrent à Jérusalem et dans ses environs, d'autres gagnèrent la capitale de l'Empire, d'autres encore sillonnèrent la partie grecque de l'Empire, d'autres enfin répandirent la foi au hasard de leurs pérégrinations.
Evidemment, même si Titus avait été désigné comme le chef des apôtres, l'éloignement fit que chacun d'entre eux diffusa sa propre vision de l'enseignement de Christos ce qui ne facilitait pas l'unité doctrinale.
Sans doute cette diversité des enseignements fut-elle à l'origine des grands courants de pensée qui marquèrent l'Aristotélisme naissant.
Ainsi, un premier pôle de pensée se constitua autour de Titus, Samoth et Anaclet, auxquels peuvent se rattacher les apôtres Hélène, Paulos et Thanos. Chez ces derniers, il apparut bien vite que Christos était considéré comme beaucoup plus important qu'Aristote. Significativement d'ailleurs, Titus ne désignait l'Eglise que sous le nom d'"Eglise de Christos" et, dans sa lettre à Lin, il l'encourageait à poursuivre l’œuvre de "notre sauveur Christos"; de même, il n'est pas innocent que ce soit un proche de Titus, Samoth, qui soit l'auteur de la Vita de Christos.
A l'inverse, l'apôtre Kyrène qui avait, très jeune, étudié les œuvres d'Aristote, semblait avoir mis la raison au-dessus de toute autre considération et, pour cela, semblait vouer un culte particulier au prophète Aristote qu'elle semblait admirer plus que tout.
Enfin, entre les deux, se trouvait l'apôtre Calandra qui semblait essayer de tenir à parts égales, les plateaux de la balance entre les deux prophètes de l'Eglise.
Restait un dernier groupe d'apôtres avec Adonia, Uriana, Nikolos et Ophélia dont l'action fut, en quelque sorte, novatrice. Ils cherchèrent avant tout à retrouver Dieu derrière ses prophètes et/ou à pénétrer le sens profond des paroles des deux prophètes , inaugurant la tradition théologique aristotélicienne plus ou moins en liaison avec les enseignements d'auteurs comme Cicéron et Sénèque dont l'inspiration se sent, notamment chez Nikolos. Uriana, par ailleurs, fut la première à pratiquer des exorcismes afin de délivrer certaines âmes de la possession, peut-être inspirée par les travaux du scholarque Ariston de Ceos.

On vit aussi, progressivement, apparaître les premières hérésies. Par exemple, les Ahrimaniens prétendaient que la fin du monde avait été programmée par Dieu et que lorsqu'elle arriverait, elle verrait s'affronter les armées du Très-Haut et celle de la Créature Sans Nom et des pécheurs. Les Bogomiles, de leur côté, prétendaient que Dieu s'était fait homme en Christos. Il s'agissait là, sans doute, de réflexions d'esprits brillants mais qui se laissèrent emporter par leur enthousiasme au point de vouloir trouver dans les Ecritures ce qui n'y était pas par un excès d'interprétation.

Néanmoins, un véritable dynamisme semblait animer l'Eglise, ce dont témoignait par ailleurs cette diversité de pensée autour de la foi. Chaque courant diffusait ses idées auprès de ses fidèles, convertissait le plus d'âmes possibles et finalement trois groupes distincts se formèrent qui s'affrontèrent au Concile de Nicée: les christosiens, les aristodoxes et les aristotéliciens.

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