Messe-hommage à la Reine Keyfeya

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Messe-hommage à la Reine Keyfeya

Message  Pie de Valence le Mer 13 Déc - 18:15


En ce milieu d'après-midi hivernal de décembre 1465, à l'heure où le soir descend déjà sur la Terre, les cloches de la cathédrale répandirent leur appel plaintif sur les toits et les vergers afin que ceux et celles qui le souhaitaient puissent rendre un dernier hommage à le souveraine défunte.
Le cardinal-archevêque de Lyon avait pris l'initiative d'une telle messe après avoir constaté un grand degré d'indifférence, parmi les grands comme parmi les gens du peuple à la mort, pourtant tragique, de la souveraine des Français. Par cette messe, il espérait les réveiller de leur torpeur.

Quelques heures auparavant, il avait fait placer, au-dessus de l'autel, un retable figurant dans les collections de l'archidiocèse et représentant Notre-Dame Sainte-Geneviève trônant en majesté comme avait pu le faire la souveraine afin de marquer symboliquement sa présence et souligner combien, si le corps est mortel, l'âme ne l'est pas et encore moins la fonction royale.




Tandis que les prêtres de la cathédrale accueillaient les fidèles à l'entrée, le cardinal, installé avec les desservants dans la partie du chœur réservée au maître-autel, écoutait dans le recueillement du silence à peine troublé par les pas des premiers arrivants qui prenaient place, l'Introït du requiem que Johannes Ockeghem avait écrit pour de précédentes funérailles royales, chanté par les chantres de l'abbaye Saint-Martin de Langres.

Puis, l'ensemble du clergé et des fidèles en place, entouré de la pénombre dans laquelle le choeur avait été volontairement plongé, il se leva et vint se placer au maître-autel.


Mes biens chers frères et sœurs, rassemblés ce jour pour un dernier hommage à notre défunte souveraine, je vous invite à vous joindre à moi dans la Prière du Pardon afin que nous paraissions purs aux yeux de notre Créateur.

Je confesse à Dieu Tout-puissant, à tous les Saints, et à vous aussi, mes Amis que j'ai beaucoup péché, en pensée, en parole, en action.
Je supplie tous les Saints, et vous, mes Amis, de prier le Créateur pour moi.
Que le Très Haut nous accorde le pardon, l'absolution et la rémission de tous nos péchés.

Amen.

Aujourd’hui, nous sommes tous dans l’affliction parce que Nous avons tous perdu, non seulement notre souveraine, la Mère de notre nation, mais aussi et avant tout, une personne vertueuse, digne de confiance, éprise de paix, de justice et d’amour ; une personne vraiment aristotélicienne dans l’âme et qui mérite amplement l’hommage que nous lui rendons car elle avait véritablement compris le sens de notre présence sur Terre et gagné, bien que non-sacrée, par son seul charisme, le titre envié de Très-Aristotélicienne Reine de France.

Je sais que beaucoup d’entre vous ressentent une profonde injustice à cause des circonstances particulières de sa mort, je sais que beaucoup se demandent pourquoi Dieu rend possible cette horreur sans nom : laisser mourir une femme quelques heures après avoir transmis à la vie… et ils doutent comme ont pu douter les fidèles de Christos quand ils l’ont vu crucifié et mort sur la croix.
Pourtant, il ne faut pas douter car Dieu a rappelé à Lui notre sœur Keyfeya comme il a rappelé à Lui Christos, parce qu’il a considéré que sa mission sur Terre était achevée.


Christos mourut après des heures d’agonie (…).
Alors, du ciel, un grand rayon de lumière transperça les nuages sombres et menaçants et vint auréoler le corps de Christos. Sans que ne disparaisse ce halos de clarté, les cieux se mirent à gronder, et soudain des éclairs terrifiants vinrent frapper la terre comme pour la punir d’avoir laissé perpétrer ce crime atroce… Dans un effroyable déchaînement de violence des éléments, une pluie battante se mit à son tour à tomber, chassant les Romains de la colline des condamnés et imbibant le sol, comme pour le laver du sang de Christos ; ce sang que l’on vit bientôt ruisseler de la butte, mêlé à celui des deux autres condamnés, à leur sueur et à leurs larmes.
Mais après un moment, la nature s’apaisa, la pluie cessa, les éclairs s’arrêtèrent, les grondements du tonnerre se turent et les nuages s’écartèrent, vaincus par le rayon de lumière, grandissant, dont le flot inondait maintenant la colline.
C’est alors que nous vîmes apparaître, dans ce halo bienfaiteur, une nuée d’anges célestes. Tous descendaient du ciel avec grâce, volant au dessus de l’éminence. Ils prirent le corps du messie, guide et miroir de la divinité, et le hissèrent jusqu’aux cieux, l’emmenant rejoindre le trône de Dieu.

Oui, c’est en état de grâce qu’il l’a rappelée à Lui, car il a permis que l’enfant qu’elle portait naisse, vive et soit comme la Lumière d’un nouveau flambeau, une nouvelle promesse de joie et d’espérance malgré l’affliction de tous, un relais vers un plus long avenir, un portrait-vivant de la Reine défunte, sa trace à jamais laissée en héritage à l'humanité.



Et, tandis que l’archevêque parlait, en silence et très lentement, à la manière de l’aube qui se lève, les acolytes de la cathédrale allumèrent les cierges des candélabres, rendant progressivement à l’édifice sa clarté et faisant reculer la pénombre.

La lumière totalement rétablie dans une parfaite coordination juste à la fin de la lecture, l'archevêque invita à chanter avec ses chantres et lui-même,la prière du De Profundis appelant le Très-Haut à accueillir la Reine en son Paradis solaire avec bienveillance et miséricorde, ce sont il ne doutait pas, tant elle était morte, comme il venait de le dire, en état de grâce, ayant passé les dernières semaines de sa vie à se rapprocher très fortement de l'Eglise au point de vouloir négocier directement avec la Curie un Concordat, de légaliser à nouveau les Saintes-Armées au sein du Royaume et de confier la conduite de la messe de ses funérailles à Monseigneur Talona, l'un des archevêques les plus favorables aux armées épiscopales.


Des profondeurs je crie vers toi, Très-Haut;
Afin que ma prière trouve grâce à Tes yeux.
Si tu retenais toutes les fautes, O Dieu,
Qui recevrait la Vie éternelle ?

Aussi, j'espère en Ton pardon et Ta miséricorde,
Car je te fus fidèle par-dessus tout.
J'espère en Toi de toute mon âme ;
J'espère et j'attends
Comme le veilleur guette l'aurore.

Près de Toi est l'amour ;
Près de Toi abonde le rachat.
Puisse-tu m'en juger digne
Et m'admettre en Ton paradis solaire.

Et il ajouta, comme pour donner foi à ses paroles, les derniers mots des Patriarches Oane et Anani Mhour qu'il lia en un seul texte


Que vos larmes ne soient pas de tristesse mais de joie, car le Très Haut me fait le plus beau des cadeaux. Aimez Le et Il vous aimera. Adorez-Le et Il vous bénira. Vivez dans la vertu et Il vous accueillera à Ses côtés.
Ne me pleurez pas car là où je vais je serai un ange parmi les anges, ne détruisez pas ma dépouille car c’est un cadeau de Dieu, elle est matière et doit retourner à la matière.

A présent, mes amis, je vous invite, pour conclure cette cérémonie, à réaffirmer votre confiance au Très-Haut par la réaffirmation de votre foi et il entama la récitation du Credo



Puis, la prière dite, les chantres entonnèrent un , In Paradisum Angeli afin d'accompagner la sortie des fidèles et le retrait des prêtres.
Messe écrite et prononcée par Son Eminence Pie II de Valence, Cardinal-Archevêque de Lyon, le 11 décembre 1463 à Lyon, puis, les jours suivants en Bourgogne et à Rome.
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