Oraison funèbre de SAR Zelha (novembre 1463)

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Oraison funèbre de SAR Zelha (novembre 1463)

Message  Pie de Valence le Mer 2 Mar - 21:15

[Saint-Denis]

Le Primat de France, son clergé et quelques cardinaux de la Sainte-Eglise aristotélicienne romaine avaient déjà pris place dans la basilique et avaient préparé l'antique nécropole royale pour y accueillir la dépouille de la défunte souveraine avant qu'elle ne rejoigne l'éternité et la crypte qu'elle s'était fait bâtir à Alençon.

Quand l'heure arriva, le Primat fit signe aux acolytes d'ouvrir les lourdes portes aux fidèles, aux proches, aux amis et aux serviteurs de la défunte, à son convoi funèbre portant sa dépouille et le lugubre glas se mit à retentir dans le silence de la nuit qui montait.

Pour accompagner l'entrée du corps royal, les chantres de l'abbaye Saint-Martin-de-Langres entonnèrent un De profundis


Déjà quelques personnes s'avançaient derrière les porteurs du royal cercueil qui fut posé sur des tréteaux devant l'autel et quelques-unes d'entre elles, avant de prendre place, vinrent s'incliner respectueusement devant la dépouille mortelle.

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Il n'y avait pas apparence que l'assemblée puisse s'agrandir considérablement sinon de quelques unités. Quand le Primat de France en fut convaincu, il demanda à un acolyte de faire tinter sa clochette indiquant le début de la cérémonie.
S'avançant un peu au milieu de la nef centrale, vêtu de ses ornements les plus précieux,  il commença par faire réciter une prière au Très-Haut afin qu'Il pardonne aux Hommes leurs péchés.


Mes biens chers frères et sœurs, rassemblés ce jour pour donner une dernière bénédiction à notre défunte souveraine, je vous invite à vous joindre à moi dans la Prière du Pardon afin que nous paraissions purs aux yeux de notre Créateur.

Je confesse à Dieu Tout-puissant, à tous les Saints, et à vous aussi, mes Amis que j'ai beaucoup péché, en pensée, en parole, en action.
Je supplie tous les Saints, et vous, mes Amis, de prier le Créateur pour moi.
Que le Très Haut nous accorde le pardon, l'absolution et la rémission de tous nos péchés.

Amen.
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Le Primat s'avança encore, jusqu'à poser l'une de ses mains sur le drap mortuaire qui reposait sur la bière de la reine.

Zelha, la souveraine à laquelle on s'apprête à rendre les derniers hommages, n'a pas eu la chance d'un règne paisible: la douleur d'une France envahie, vaincue, accablée par la misère d'une guerre dont la reine hérita sans en être responsable vinrent s'ajouter aux malheurs passés de notre malheureux pays déjà tant de fois secoué par de vaines crises dont il peine à se remettre et le malheur de sa mort précoce ne fait que s'ajouter aux malheurs de la France.

Ce règne, trop tôt interrompu par le destin; ce règne qui devait être l'aube d'une ère nouvelle avait levé de grandes espérances et Zelha n'aurait certainement pas voulu que sa propre mort brisât cet élan.
Jeune femme attachée à bien faire et désireuse de s'informer, d'écouter et d'apprendre, peut-être eût-elle donné à la France un court bien différent de ce qu'elle est si elle avait vécu.
Ses amis, ses proches, ses connaissances vous en parlerons du reste mieux que moi qui ne l'ait que trop brièvement côtoyé durant les conversations qui précèdent les élections royales.
C'est pourquoi, si certains de ses amis, de ses proches, de ses connaissances souhaitent prendre la parole quelques instants pour nous parler de la défunte reine, qu'il le fasse à présent, avant qu'une dernière bénédiction ne soit prononcée.

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Pauvre Zelha, on ne se pressait pas pour lui rendre hommage. Le Primat, la mort dans l'âme, se décida à poursuivre la cérémonie. Il continua à avancer, jusqu'à atteindre le pied du cercueil et, toujours une main posée sur le drap mortuaire, il invita tout le monde à réciter avec lui le De Profundis

Des profondeurs je crie vers toi, Très-Haut;
Afin que ma prière trouve grâce à Tes yeux.
Si tu retenais toutes les fautes, O Dieu,
Qui recevrait la Vie éternelle ?

Aussi, j'espère en Ton pardon et Ta miséricorde,
Car je te fus fidèle par-dessus tout.
J'espère en Toi de toute mon âme ;
J'espère et j'attends
Comme le veilleur guette l'aurore.

Près de Toi est l'amour ;
Près de Toi abonde le rachat.
Puisse-tu m'en juger digne
Et m'admettre en Ton paradis solaire.

Le chœur des chantres de l'abbaye en fit ensuite la reprise sous forme chantée

Puis, après ce bref instant de recueillement et de prière, il reprit la parole afin de réconforter les proches et les amis de la défunte Reine de France

Je sais que ceux et celles d'entre vous qui sont là aujourd'hui, sont dans l'affliction et éprouvent un sincère chagrin. C'est à eux que s'adresse tout particulièrement le texte que j'ai choisi aujourd'hui et qui raconte les derniers instants d'Oane

Alors, que vos larmes ne soient pas de tristesse mais de joie, car le Très Haut me fait le plus beau des cadeaux. Aimez Le et Il vous aimera. Adorez-Le et Il vous bénira. Vivez dans la vertu et Il vous accueillera à Ses côtés.”
Alors, il rendit son dernier soupir. Et tous se regardèrent les uns les autres, ne comprenant pas cette sérénité qui s’affichait encore sur le visage de leur guide. Ils enterrèrent son corps au milieu de la vallée, là où ils vivraient dorénavant (Pré_Histoire I - Oanylone).

Si, comme Oane, vous avez foi en Dieu, si vous avez foi en sa bonté et sa miséricorde, si vous avez foi en sa justice, si vous avez foi en sa clairvoyance et sa capacité à aimer et à pardonner, alors, vous ne douterez pas que Zelha puisse être admise au Paradis solaire et cette pensée, quoiqu'elle ne remplace pas la perte d'un être cher, vous sera consolation de la savoir heureuse et en sécurité auprès de notre père à tous.
Puissent ces fortes paroles d'Oane vous accompagner toujours et vous soutenir les jours de cafard et de détresse face au vide de l'absence.

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Alors, des officiers royaux vinrent avec solennité déposer sur le cercueil de la défunte sa couronne, ainsi que son sceptre et la main de justice afin qu'une dernière fois la Reine de France paraisse parée des attributs de son pouvoir terrestre.
Le Primat de France, revenu à la tête du cercueil, traça alors un signe de croix au nom de Dieu, d'Aristote et de Christos tandis que des acolytes, 4 d'un côté, 4 de l'autre, munis d'encensoirs à longues chaînes, se plaçaient de chaque côté du catafalque et, lui faisant face, commencèrent à répandre l'encens sacré tout en psalmodiant mezzo voce des prières pour assurer la passage dans l'Au-delà de la défunte.

Le Primat prit alors une dernière fois la parole et cita un passage de l'hagiographie d'Anani Mhour


Ne me pleurez pas car là où je vais je serai un ange parmi les anges, ne détruisez pas ma dépouille car c’est un cadeau de Dieu, elle est matière et doit retourner à la matière.

Amen.

Des officiers royaux vinrent alors relever les regalia tandis que d'autres, accompagnés par un chant religieux, vinrent soulever en douceur le cercueil afin que Zelha soit conduite en sa dernière demeure en Alençon.
Copie de l'oraison funèbre écrite et prononcée à Saint-Denis par Monseigneur Pie II de Valence, novembre 1463

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