Messe de la Saint Martin (11 novembre 1464)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Messe de la Saint Martin (11 novembre 1464)

Message  Pie de Valence le Dim 16 Oct - 11:05

En ce 11 novembre, l'archevêque de Lyon vint en la ville de Langres célébrer une messe en l'honneur de Saint Martin, saint patron du royaume de France et de l'abbaye langroise du même nom. Il ordonna que l'on fît sonner les cloches afin que les fidèles puissent venir assister à la messe et quand tout le monde se fut installé, il commença la cérémonie d'hommage.

Tout d'abord, les chantres de l'abbaye Saint-Martin entonnèrent un hymne à la gloire de leur saint protecteur puis l'archevêque prit la parole.

Bienvenue à tous et toutes; je vous remercie de votre présence.

Chaque 11 novembre, l'Eglise célèbre un légionnaire romain originaire de Pannonie connu sous le nom de Saint Martin de Tours, la ville dont il fut évêque. La tradition hagiographique veut qu'à l'hiver 338, alors qu'il était en patrouille, il croise le chemin d'un vieil homme transi de froid et qu'alors, de son glaive, il coupe son manteau en deux pour offrir la doublure à celui qui en avait tant besoin.

Quel sens, quelle portée attribuer à ce geste ? C'est ce que nous allons essayer d'exposer ce jour.

Tout d'abord, notons la spontanéité du geste de Martin. C'est celui d'un homme de cœur, ému d'une situation intolérable, qui fait preuve de compassion et éprouve instinctivement et sincèrement de l'amour pour son prochain au point de lui porter secours. Ce que Martin voit, c'est d'abord un humain qui souffre et qui a besoin d'aide, peu importe ses croyances, son origine ou son passé.
Par ce geste gratuit, désintéressé, duquel il n'a rien à attendre sauf peut-être un merci, Martin nous rappelle qu'au-delà de ce qui nous sépare parfois, nous sommes tous frères et sœurs, issus du genre humain et qu'à ce titre chacun à le droit et le devoir de secourir ou d'être secouru s'il en situation de détresse.

C'est ce que Christos rappelait quand il disait


Que votre solidarité ne connaisse pas de frontières ! Souvenez vous, mes amis, qu'Aristote vivait dans un pays d'une culture peu tolérante pour les autres peuples. Aujourd'hui, vous devez savoir que toutes les nations ont droit au respect et leur peuple à la liberté et à notre amitié.

Mais, en accomplissant ce geste, Martin fait plus que de faire preuve de compassion et d'amour pour son prochain, il fait aussi œuvre de justice et de paix.
Qui niera, en effet, qu'en donnant une partie de son manteau, Martin répare une injustice ? Celle de notre égoïsme et de celui de notre société qui laisse des gens mourir de faim et de froid à la porte des murailles de riches et puissances cités, des beaux hôtels particuliers de la bourgeoisie ou des riches demeures princières ?

Qui niera qu'en rendant justice à ce pauvre homme, Martin apporte aussi de la paix dans le monde ? Car le premier acte de paix entre les hommes n'est-il pas de leur rendre la justice quels que soient leur rang, leurs titres ou leur fortune ? Partout où la misère règne, c'est parce que l'injustice règne et partout où  l'injustice règne, la paix est en danger.

Nous, aristotéliciens, croyons qu'agir pour la paix est l'affaire de tous, qu'agir pour la paix est la responsabilité de chaque habitant sur Terre mais il n'y a pas forcément besoin pour cela, de lance, de bouclier ou de glaive comme le montre un autre épisode célèbre de la vie de Martin.


Ses nouvelles convictions religieuses lui interdisent de verser le sang et il refuse de se battre. Pour prouver qu’il n’est pas un lâche et qu’il croit à la protection divine, il propose de servir de bouclier humain. Il est enchaîné et exposé à l’ennemi et, pour une raison inexpliquée, les Barbares demandent la paix.
L’année suivante il se fait baptiser à Pâques et entre ainsi dans la grande communauté aristotélicienne.

La paix commence dans nos familles, sur nos lieux de travail, dans nos villages, dans nos paroisses. La paix commence par nos choix de vie. Elle commence par l'attention que l'on porte tous les jours à nos prochains, à notre capacité à les écouter, à les aider, à les secourir par amour pour eux, à lutter contre l'injustice, à réparer les torts... C'est aussi cela que nous enseigne le geste de Martin. Puissiez-vous vous en souvenir.

Je vous invite à présent, pour conclure cette cérémonie d'hommage au saint patron du royaume de France, à réciter avec moi le Credo, symbole de notre foi et à venir rompre et partager le pain et le vin.

Messe écrite et dite par Son Eminence Pie II de Valence, Cardinal-archevêque de Lyon, en novembre 1464

Pie de Valence
Admin

Messages : 117
Date d'inscription : 24/11/2012

Voir le profil de l'utilisateur http://abbayesaintmartin.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum